Monde : l’art urbain pour combattre le SIDA

Par Michel Fily, le 1er décembre 2017

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Il y a trois décennies, le fléau du SIDA a impacté le monde de l’art aux Etats-Unis, puis dans le monde entier, anéantissant une communauté et activant l’un des mouvements politiques les plus importants du XXe siècle. Les artistes urbains se sont engagés depuis cette époque pour aider à combattre la maladie, la désinformation et les peurs qui l’entourent, et en faveur des droits des personnes séropositives.

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En 1988, le célèbre Street Artiste Keith Haring apprenait qu’il était infecté par le virus. S’engageant dès lors fortement dans la lutte contre cette maladie, il a mis son art et sa notoriété au service de cette cause et de sa visibilité. Réalisée en 1989, seulement un an avant la disparition de l’artiste, la fresque « Todos juntos podemos parar el sida » (« Tous ensemble, nous pouvons stopper le SIDA ») est l’une des dernières œuvres de Keith Harring. Il a peint cette œuvre éphémère dans l’un des ghettos les plus pauvres de Barcelone. Détériorée en 1992, la fresque de 34 mètres de long a été restaurée en 2015, dans le quartier qui l’avait vue naitre 25 ans plus tôt. Keith Haring est décédé le 16 février 1990 à New York.

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Fondée en 1988, Visual AIDS est une organisation artistique contemporaine engagée dans la sensibilisation au sida au travers de projets d’arts visuels. Elle s’est dévouée depuis sa création à préserver et honorer le travail des artistes atteints du VIH, ainsi que les contributions artistiques du mouvement contre le SIDA. Elle apporte, de même, un soutien aux artistes séropositifs. Visual AIDS a organisé en 2014 une exposition intitulée « City as Canvas », au City Museum de New York, la première exposition d’œuvres de la vaste collection d’art urbain de Martin Wong. Ce collectionneur a amassé un trésor de centaines d’œuvres de Street Art sur papier, sur toile et sur d’autres supports, en aérosol, encre et autres médiums, signées, entre autres, par Keith Haring, Lee Quinones, LADY PINK et FUTURA 2000, figures emblématiques du mouvement artistique contre le virus. Martin  Wong, qui est mort du sida en 1999, a fait don de sa collection au City Museum en 1994.

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En Belgique, en 2009, le graffeur Denis Meyer, est intervenu pour la première fois sur les murs de Bruxelles, à la demande de la Plateforme Prévention SIDA, qui souhaitait faire participer un artiste bruxellois à son action. Réalisée en live painting, cette fresque a sensibilisé les Bruxellois et les touristes aux méfaits du VIH et à la nécessité de se protéger et de faire passer le message. Toujours à Bruxelles, en 2014, ne énorme fresque urbaine, peinte par Denis Meyers et Arnaud Kool, a pris place  dans le centre-ville, afin d’aborder quelques unes des questions essentielles liées à la lutte contre le SIDA : l’utilisation du préservatif pour se protéger de l’infection, le dépistage et l’intégration des personnes séropositives.

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Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, a accueilli en décembre 2013 son premier festival international de graffiti et des arts urbains, Kin-Graff. Organisé par l’association « Culture+ », le festival avait pour thème « Peindre contre le VIH/SIDA ». Cette première expérience visait à la promotion et la sensibilisation du public congolais à travers l’art urbain en général, et le graffiti, en particulier. Le festival a rassemblé de nombreux artistes internationaux, comme Docta Wear, Sitou Matt SMI, Nadia Seika

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En 2015, au Rwanda, le Street Artiste Bonfils Ngabonziza et d’autres artistes d' »Ivuka Arts », le premier centre d’arts communautaires du pays, se sont associés à « Kurema, Kureba, Kwiga » (« Créer, Voir, Apprendre »), une entreprise sociale d’art publique basée à Kigali, pour réaliser dans la ville des peintures murales qui traitent de la stigmatisation liée au SIDA. « Mon but est d’utiliser les arts comme vecteur de changement positif et de voir mon travail avoir un impact durable sur la société », déclarait le graffeur.

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La même année, l’organisation américaine « ONE Street Art » a travaillé en partenariat avec 22 artistes urbains New Yorkais qui ont contribué par leurs talents à sensibiliser le public au problème du SIDA. ONE a fourni aux artistes des panneaux de circulation « Stop » qu’ils ont transformés en puissantes œuvres d’art, qui ont été exposées à New York et vendue aux enchères au profit de la lutte contre le VIH. Parmi les graffeurs participant a cette campagne : Street Grapes, Billi Kid, Cern, ChrisRWK, Col Wallnuts, Chris Stain, Chris Uphues, David Cooper, Cope, the Dude Company, Elle, Fumero, Joe Iurato, Peat Wollaeger, RWK, et Shiro.

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En juillet 2016, Maxx Moses, un graffeur talentueux de New York, s’est rendu à Bulawayo, au Zimbabwe, à l’occasion de la Journée mondiale du SIDA, pour mettre l’art urbain au service de la sensibilisation, de la prévention et du dépistage du VIH. Deux sites ont été sélectionnés parmi les plus fréquentés de la ville. Moses a rencontré une équipe de 10 artistes locaux recrutés par la National Gallery pour travailler avec lui à la création des fresques. Le travail sur les deux sites a été achevé pour la Journée mondiale du sida et inauguré par l’Ambassadeur des États-Unis au Zimbabwe. « La partie la plus forte et la plus puissante de toute l’aventure a été la réponse du public à notre art », confiait Maxx Moses, ajoutant : « Les gens ont été véritablement époustouflés ».

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En novembre 2016, c’est à Grenoble que des Street Artistes se sont mobilisés à l’occasion de la journée mondiale contre le SIDA, avec une grande fresque anti-discriminations faites aux personnes séropositives. Une initiative de la mairie de Grenoble, qui avait lancé un appel aux graffeurs. Les artistes sélectionnés, Jérémie Dauliac alias Ekis, et Rebecca Bouffigny alias Boye, ont réalisé cette oeuvre en commun. « Le combat contre cette maladie souffre d’invisibilité. Il a disparu des mémoires et des préoccupations, alors que le virus, lui, n’a pas disparu. Cette fresque est une piqûre de rappel pérenne. L’art attire l’œil, transmet une information grâce au travail subtil des artistes » expliquait Emmanuel Carroz, adjoint à l’égalité des droits et à la vie associative.

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En Irlande, en 2017, le groupe de militants « Act Up Dublin »  a organisé une exposition de Street Art, intitulée « All Together Human (Tous Ensemble Humains) » mettant en vedette des graffeurs de premier plan, à l’occasion de la journée nationale contre le SIDA. L’exposition a réuni 15 artistes, parmi lesquels MASER, Jim Fitzpatrick, Sean Hillen, Fuchsia MacAree et Friz. Elle a eu lieu à Dublin, où les œuvres ont été vendues aux enchères silencieuses, au profit de l’association. « Dans toutes nos différences, sociales, religieuses, économiques et géographiques, le VIH – le virus de l’immunodéficience humaine – nous affecte en tant que personnes », déclarait l’organisateur de l’exposition, l’artiste Will St Leger. « Nous sommes ‘Tous Ensemble Humains’ dans nos faiblesses et nos forces, nos échecs et nos réalisations, dans notre rage et notre joie. Tous, ensemble, humains, nous pouvons l’être dans la solidarité, le défi et l’espoir », ajoutait-il.

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En 2012, Act Up taguait déjà Paris dans le cadre de sa campagne « Egalité des choix : des droits! », avec plus de 30 Street Artistes, parmi lesquels Bastek, EpsylonPoint, Fred le Chevalier, Hermann, Iza Zaro, JBC, JPM, Kashink, Madame, ME – Paris / Marlène Ehrhard, Mr Toutlemonde, Nice Art, Pimax, Sara Chelou, Suriani, Susan Shup, TocToc, Tristan des Limbes, Valérie Maho, Zokatos… Cette année encore, en partenariat avec « Walls And Rights » et dans la suite des collaborations artistiques déjà menées, Act Up a fait appel à des graffeurs pour la nouvelle édition de la « Street Art Fights Aids Paris Week », les 1er et 2 décembre 2017, à la Halle des Blancs Manteaux à Paris. Iza Zaro, Manon Moncorge, Marie Christian Bambelle, Anne Provignon, Gé Robert, Joko Art, AkElo, Fredzag, Paella Chimicos, Kaldea, Catski et Dug Dugudus devraient, entre autres, devraient contribuer à l’évènement.

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L’activisme artistique contre le SIDA doit aujourd’hui devenir un phénomène mondial, car la maladie est devenue une pandémie, souvent accompagnée de lois anti-gay virulentes dans de nombreuses parties du monde. A notre époque, un grand nombre de personnes pensent que l’urgence est passée, mais elle est toujours présente et nécessite un engagement mondial.

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Monde : le Street Art contre l’esclavage

Par Michel Fily, le 28 novembre 2017

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Les images ont fait le tour du monde. En Libye, la traite d’êtres humains, que l’on aurait pu naïvement croire abolie, sévit de nouveau. Dénoncés aujourd’hui par les dirigeants occidentaux et africains, les viols, les tortures et l’esclavage de milliers de migrants en Libye étaient pourtant connus de longue date, soulignent ONG et analystes qui tirent la sonnette d’alarme depuis des mois. « Ça ne peut plus durer. Devant un crime contre l’humanité, on ne s’indigne pas, on réagit », a plaidé une de leurs représentantes. Malheureusement, ce crime contre l’humanité ne frappe pas que les migrants africains en Libye. D’autres formes d’esclavage sexuel, infantile, existent encore au 21e siècle, dans les pays occidentaux comme en Afrique et en Orient.

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Les artistes de rue sont des artistes engagés par nature et nombre d’entre eux se sont engagés depuis longtemps dans la lutte contre l’esclavage. Le fondateur de ce mouvement artistique Banksy est l’un des premiers à l’avoir fait, avec l’une de ses oeuvres les plus célèbres, « Slave Labour », peinte à Londres en 2012. Cette peinture murale de 3 mètres de haut et 1,52 mètre de large, peinte au pochoir en noir et blanc, représente un enfant, agenouillé pieds nus devant une machine à coudre. Il fabrique à la chaîne une banderole de drapeaux britanniques. L’oeuvre semblerait avoir fait référence à la découverte en 2010 d’un enfant de sept ans travaillant dans un atelier en Inde pour fabriquer des produits vendus par une chaine de magasins britanniques.

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En 2007, une installation à Trafalgar Square à Londres a tenté de sensibiliser le public au trafic sexuel au Royaume-Uni. La fresque, intitulée « Journey », présentait sept containers tagués par le Street Artist MODE2, retraçant le qui retracent le parcours d’une femme depuis sa maison en Europe de l’Est jusqu’en Angleterre, où elle finissait asservie par le trafic sexuel. Le projet était au bénéfice de la Fondation Helen Bamber, une organisation caritative basée à Londres qui oeuvre pour réhabiliter des personnes qui ont subi des violations flagrantes des droits de l’Homme. L’Angleterre est considérée comme la capitale de l’esclavage sexuel en Europe. L’installation « Journay » a voyagé dans plusieurs villes britanniques, puis s’est exportée dans toute l’Europe, y compris de nombreuses villes d’Europe de l’Est.

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En 2009, la Street Artiste parisienne d’origine guadeloupéenne Yseult Digan, alias Yz, initiait un projet très personnel baptisé « Back to the roots », autour de la culture, de la tradition et de l’histoire de la Guadeloupe, mais aussi autour de ses blessures. Sans artifice, elle a peint, collé et bombé des portraits percutants qui font sens dans la lutte contre l’esclavage et pour les droits civiques.

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En mars 2010, alors que le cinéma parisien le Louxor est en restauration, le dessinateur et graffeur Bilal Berren, alias Zoo Project, s’emparait de la palissade de protection du chantier pour y réaliser une grande allégorie de l’esclavage, représenté par cinq personnages accroupis, décapités, avec une chaine sortant de leurs cous et le reliant entre eux pour aboutir à une seule tête à son extrémité. Bilal Berreni est décédé en juillet 2013. Initié par sa famille, ses amis et ses collaborateurs, un vaste hommage lui sera rendu au printemps 2018, avec la publication de huit ouvrages retraçant le travail de Zoo Project, la sortie d’un film et de nombreuses expositions.

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À la Guadeloupe, aux Abymes, une oeuvre collective de 150 mètres de long a été réalisée en 2012 par des artistes locaux sur le thème des « pans d’histoire de la Guadeloupe sur l’esclavage et les abolitions“. Elle rappelle la mémoire de certains héros connus de la lutte contre l’esclavage, mais représente aussi les esclaves anonymes dans leurs souffrances. Des mots – « honneur », « résistants » -, des textes figurent sur cette fresque :  » Nos aïeux ont subi les pires outrages, nous permettant d’exister. Ils sont nos héros ».

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En Martinique, le collectif de graffeurs Mada Paint (NPL) – avec les signatures de Oshea, Nuxuno Xän, Moksa, R-Man, Thomas Braillon alias Wiltho… – s’est engagé contre l’esclavage sur une grande fresque peinte dans le port de Fort-de-France, représentant un homme noir brisant ses chaines, reliées à des barreaux derrière lesquels sont emprisonnés d’autres hommes. Au dessus de sa tête, son cri : « Libètéee ».

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Au Village Underground de Londres, en 2012, le projet « Follow Your Art – Street Art Against Slavery » a vu le jour, sous l’impulsion de l’organisation Anti-Slavery International (ASI) pour produire deux années durant, un événement exclusif d’art de rue et de musique pour lutter contre l’esclavage mondial. Les artistes de rue les plus influents de Londres y ont pris part : Kid Acne, Blade, Jimmy C., Conor Harrington, DOTS, Dscreet, Eine, Ron English, James Jessop, Anthony Lister, Dabs n Myla, Benjamin Murphy, Olek, Os Gemeos, Jo Peel, Mr Penfold, Remi Rough, Rowdy, RYCA, Matt Small, Sweet Toof, Miss Van, David Walker… Anti-Slavery International, fondée en 1839, est la plus ancienne organisation internationale de défense des droits de l’homme. Elle travaille à éradiquer l’esclavage à la fois dans ce pays et dans le monde entier. « L’art de la rue a la capacité de s’engager, de défier et de communiquer de manière directe et dynamique, et j’espère qu’une compréhension plus large sera acquise grâce à cette exposition, apportant un soutien supplémentaire au travail et à la cause d’ASI », avait déclaré le graffeur Jimmy C.

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Le 27 novembre 2016, une grande fresque en mémoire des victimes de l’esclavage a été inaugurée, à Sarcelles. Elle s’inscrivait dans le projet national d’art urbain « 100 murs pour la jeunesse » et était signée Jean-François Perroy alias Jef Aérosol. Le célèbre Street Artiste français y a représenté le poète antillais Aimé Césaire, fondateur du mouvement littéraire de la « négritude », concept forgé en réaction à l’oppression culturelle du système colonial français. L’oeuvre de Jef Aérosol rappelle les 213 années pendant lesquelles la France a pratiqué le sinistre commerce des esclaves.

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En janvier 2017, l’Ambassadeur et Représentant permanent de la France aux Nations Unies, François Delattre, inaugurait à l’ONU une exposition contre l’esclavage infantile. Elle était présentée par Street Art for Mankind (SAM), un collectif de graffeurs initié par Thibault et Audrey Decker pour dénoncer le travail forcé de plus de 85 millions d’enfants dans le monde. Plusieurs Street Artistes ont offert leurs contributions pour l’évènement, parmi lesquels Ador (France), Binho Ribeiro (Brésil), Bruno Smoky (Brésil), Mr Dheo (Portugal), Inkie (UK), Jo Di Bona (France), Kathrina Rupit – Kinmx (Mexique), Lyes Olivier Sidhoum (Hong Kong), Magda Love (Argentine), Mr Cenz (UK), Shalak Attack (Canada), Trek6 (États-Unis), Victor Ash (Portugal) et Yuhmi (États-Unis). Les fonds levés grâce à la vente des tableaux ont été utilisés pour lutter contre l’esclavage infantile, via la fondation de Kailash Satyarthi, Prix Nobel de la Paix en 2004 pour son engagement contre le travail des enfants.

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Monde : Défendre les droits de la femme sur les murs

Par Michel Fily, le 24 novembre 2017

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Inégalités, harcèlement, viols, violences au sein du couple… Les femmes sont victimes de nombreux crimes, partout dans le monde et aussi en Europe. « Une femme a été tuée tous les trois jours par son partenaire ou ex-partenaire en 2016″. Ce sont les premiers chiffres qui ressortent de l’étude annuelle menée par la Mission interministérielle de l’observatoire national des violences faites aux femmes, publiés cette semaine. »Parmi les 109 femmes victimes de leur partenaire, 30 (soit 27,5 %) étaient des victimes connues soit par les forces de l’ordre, soit par leur entourage, de violences de la part de l’auteur de l’homicide », précise le rapport.

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88 pour cent des victimes de violences entre partenaires en France sont des femmes. Les rubriques « faits divers » des journaux débordent d’exemples : « Une femme dans le coma, après des violences conjugales », « Cette fois, en plus des coups, il a rasé la tête de sa compagne », « Manifestation contre les violences machistes: 38 femmes tuées en Belgique en 2017″… Aux États-Unis, Cyntoia Brown, esclave sexuelle victime d’un trafic sexuel, est condamnée à la prison à vie pour s’être défendue et avoir réussi à tuer l’homme qui la retenait. Treize ans seulement après son incarcération, des célébrités américaines se mobilisent pour elle et une pétition a été lancée… Le Street Art s’est exprimé partout dans le monde, au travers de Street Artistes femmes, mais pas seulement, pour défendre la cause des femmes et dénoncer les crimes dont elles sont victimes.

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En France, en 2016, le commando féministe « Ils nous tuent » a sévi, bombes en main, à Paris pour dénoncer les féminicides et tenter de parler au nom des victimes. A sa tête, Pauline Arrighi, militante féministe et créatrice du Tumblr « Je connais un violeur ». Sur le bitume et les murs de la capitale, des visages de femmes aux pochoirs, accompagnés de textes courts pour dénoncer et montrer l’horreur : « Tu étais violent, je t’ai quitté, était-ce une raison pour me tuer ? ». Mais aussi les visages des victimes et leurs noms, pour qu’elles ne disparaissent pas derrière les statistiques. « Notre idée est de rendre la parole à ces femmes et de montrer pourquoi elles ont été tuées, de leur propre point de vue », expliquait Pauline Arrighi.

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La graffeuse brésilienne Panmela Castro, alias Anarkia Boladona, qui consacre son art de la rue à la défense des femmes face au machisme et aux violences conjugales, a reçu plusieurs prix internationaux pour des oeuvres réalisées au Canada, en Allemagne, en Australie, à New-York, mais aussi en Colombie et en Turquie. Elle a participé à une table-ronde au siège de l’ONU sur la violence domestique, lors de la Journée internationale de la Femme, en 2016. Pour cette journée du 8 Mars, en 2013, l’artiste avait réalisé une fresque, à deux pas du Secrétariat à la condition féminine au centre de Rio de Janeiro, représentant une femme couchée, charnue, versant des larmes de sang, dans ses cheveux l’on peut lire « Dénonce le ». « Tous les jours, de nombreuses femmes meurent victimes de la violence domestique dans le monde… Je me sert de l’art comme d’une arme pacifique et d’un instrument de transformation culturelle pour lutter contre le machisme », avait-t-elle expliqué après cette création. Avec son réseau Nami, Anarkia Boladona a travaillé plusieurs années dans les favelas de Rio « pour ouvrir les yeux des femmes sur leurs droits » et « dénoncer les violences dont on est victime, pas seulement physiques mais aussi psychologiques ». « Une seule raison devrait motiver tout le monde, et c’est de savoir que toutes les 2 heures des femmes meurent dans le monde juste parce qu’elle sont femmes et que leurs assassins sont des personnes connues et qui vivent dans la même maison qu’elles », dénonçait l’artiste.

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Depuis 2014, le projet « Women’s Forum Street Art Project« , organisé par le « Women’s Forum for the Economy and Society« , oeuvre à promouvoir et valoriser les femmes dans le domaine de l’art. Il permet ainsi de voir l’art comme un mouvement d’émancipation et organise de nombreuses performances réalisées par des femmes artistes. A Londres, le « Femme Fierce, Female Street Art Festival » réunit chaque année des centaines de graffeuses avec, en toile de fond, la lutte contre les violences faites aux femmes.

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A Milan, en Italie, un mur de la rue De Amicis est devenu le « Wall of Dolls« . Une vingtaine de Street Artistes y ont suspendu des dizaines de poupées, données par les compagnies italiennes et par les habitants de la ville, pour exprimer leur solidarité avec les femmes victimes de violences. Ce remarquable projet a été initié par l’association « WeWorld Intervita« , qui milite pour le droit des femmes.

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L’artiste australienne Vexta réinterprète les éléments du féminin en rejetant les archétypes caricaturaux de la culture moderne machiste – les bimbos dénudées et hypersexuées des publicités – pour tenter de faire exister par son art la femme au coeur du monde contemporain. Elle travaille aujourd’hui à New York et est considérée comme l’une des principales Street Artistes femmes.

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En Colombie, bravant sa peur des dangers, Nandy Mondragon défie le sexisme, les idées préconçues sur le genre et la race, et combattre la violence contre les femmes. Elle a effectué ses portraits de femmes dans les quartiers les plus mal famés de Bogota, Medellin et Cali : « En tant que femme, on vous dit de ne pas vous promener seule, d’avoir toujours un homme à vos côtés. Imaginez-vous sortir tard le soir en tant que femme pour peindre ici… Je peins principalement des femmes afro à cause de la question de la discrimination raciale, qui m’affecte beaucoup», a expliqué Nandy Mondragon. Ailleurs dans le pays d’autres graffeuses ont récupéré des espaces urbains négligés pour dénoncer et prévenir à travers leur art les crimes violents, y compris la violence sexiste, comme les Street Artistes vénézueliennes Erre et Melissa Vasquez Aristizabal.


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Shamsia Hassani, première afghane Street Artiste, est née en Iran, puis revenue dans le pays de ses parents pour poursuivre des études d’arts plastiques. Elle y est devenue une figure du féminisme. Elle crée ses oeuvres sur les murs de Kaboul et les partage sur Internet : des portraits de femmes afghanes, parfois résignées, parfois frondeuses.

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Certains Street Artistes hommes tentent eux aussi de promouvoir la cause féminine. Ainsi, le graffeur britannique originaire du Ghana Neequaye Dreph Dsane décidait en aout dernier de célébrer les femmes noires de sa communauté. Des femmes anonymes mais qui oeuvres pour leur congrégation, dont il a peint des portraits gigantesques sur les murs de Londres.

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Ci-après une liste non exhaustive des autres femmes Street Artistes dans le monde : Lady AikoDizi Alex, Tamara Alves, Christina AngelinaMagdalena AnopsyDeity Art, AristizabalNour Ayyed,  Jilly Ballistic, Kass BauBôLexi BellaRaffaella Bertolini Artist, Shab BikwakPetra Branke (MrsMerlinnullnullsieben), BtoyCBloxxKristina CyrJoshila DhabyJuliette Delorme, Clarabelle Dickens (Binty BInt), DndinzzzChristine Eye, Jessica Faccini (La Yes), Faith 47Mish Fit, Final Girlgraf, Viktoria Georgieva (mouse mouse), Vinie Grafiiti, Baby GuerillaMaya Hayuk II, Box Head, Ruby Heart, Herakut crew, Indie 184Issa Abou-IssaLisa Moldau Illustrxn, Kashink, Dee Kay (Decay dk), Anna Laurini, Artist Shana Layzell, MadCJohanna Magloire, Dabs and MylaAmara Muñoz, Alice Pasquini, Lady PinkAnnabelle Tattu Perso, Hoshiko Rakugaki, Rosyone Red, Noba Rodríguez, Anna Rootes,  Fiorela SilvaSofles, Saki Somi, Stoul, Neonita Le Sueur, Jessy Monlouisds Doudoustyle, Swoon, Miss Tic, Sophie UrbanArtist (Soph), Miss VanMarie Williams (Kazilla), Caz Miqui Onestop WoodZabou

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France : Une Cité du Street Art dans l’Allier

Par Michel Fily, le 22 novembre 2017

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13 Bâtiments, 4600 Litres de peinture, 22000 m2 de fresques, 38652 bombes de couleurs… Street Art City a ouvert ses portes au public il y a un an, à Lurcy-Lévis, près de Moulins, dans le nord du département de l’Allier.

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Ce site époustouflant, première cité du Street Art en Europe, est situé sur une friche industrielle de 10 hectares abandonnée en 1992, rachetée par Gilles et Sylvie Iniesta, qui ont eu l’idée de livrer ses murs à des graffeurs du monde entier. Ils ont d’abord fait appel au collectif local END TO END, dirigé par Grégory Chazal, avant que d’autres nombreux graffeurs se joignent au projet.

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« Notre objectif, c’est d’en faire la Villa Médicis du Street Art », confiait Gilles Iniesta au journal la Montagne.« C’est un extraordinaire champ d’expression et d’expérimentation… Nous procurons aux artistes un véritable cocon. Ils sont hébergés, nourris… Tout est fait pour qu’ils puissent se concentrer totalement sur leur travail ».

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Le bâtiment central renferme le projet « Hôtel 128 » : 128 chambres peintes par des Street Artistes venus des quatre coins du globe, et qui ne sont pas sans rappeler la célèbre Tour Paris 13, le Lab14 ou encore LaBel Valette. L’hôtel désaffecté est le bâtiment le plus imposant sur la friche artistique de Street Art City. 4 étages, 14 mètres de haut, 53 mètres de long, 11 mètres de large. Une vitrine artistique pérenne non vouée à la démolition ni à la réhabilitation. Chaque Artiste s’est approprié l’espace d’une chambre du sol au plafond pour laisser libre cours à l’expression de sa créativité.

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Street Art City offre aussi aux graffeurs une véritable résidence d’artistes, les invitant à manifester leur talent dans des conditions exceptionnelles propices au dépassement de soi, en immersion totale. À la fois carrefour de rencontres et lieu de ressource où se dessine déjà le futur du Street Art, cette ruche artistique respecte scrupuleusement l’identité et l’unicité de chacun. L’équilibre et la diversité des œuvres, la qualité graphique et l’esthétisme des compositions sont les critères essentiels qu’impose la ligne artistique de Street Art City.

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Plus de cent graffeurs se sont déjà exprimés sur les façades, les murs, les plafonds et les sols du site, sans contraintes. Parmi eux, 1Port, Alaniz, Anagard, Andrew Wallas, Anis, Anthea Missy, Antonin Rêveur, Anu, Artiz NotaCrime, Asier, Asu, Basto, Bk Foxx, Carl Kenz, Carlos Olmo, Caro Pepe, Daco, Damien-Paul Gal, Debens, Dem Dillon, Dinho Bento, Draw, Emar, Empty Boy, Fasim, Fedor, Garavato, Gregory, Isaac Malakkaï, Ish, Jay Bisual, Jean Jerome, Joris, Jungle, Kaldea, Kelkin, Kev1, Kristx, Lily, Matu, Miles Ellah, Moncorge, Mosko, Nobody, Noe Cor, Nosbe, Oji, Parvati, Pec, Rachel Bergeret, Reaone, Rezine, Sane2, Sara Quida, Serty 31, Shiro, Snake, Snek, Snez, Soir2, Soone, Soten, Spone, Stinkfish, Tarek, Tavin Davis, Ted Nomad, Tretze, Wayne, Wesl, Yurika, Zas, Zeso, Zokatos, Zurik… Les nationalités représentées sont, entre autres, l’Allemagne, l’Australie, les États-Unis, le Gabon, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni… Les artistes ont travaillé pendant deux ans avant l’inauguration du site en 2017 et des dizaines de nouveaux graffeurs sont à l’œuvre en prévision de la prochaine saison.

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Street Art City propose des visites guidées didactiques, parfois réalisées par le propriétaire en personne, qui retracent l’histoire du graffiti illustrée par les différentes réalisations des résidents. Une cafétéria et un espace galerie sont également présents sur le site.

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Les visiteurs qui souhaitent s’investir plus avant peuvent s’ils le veulent devenir « citoyens » de Street Art City. Ils gagneront ainsi le droit d’apporter leur pierre à l’édifice et d’y laisser leur trace en signant le « Mur des Citoyens », de partager la vie de Street Art City en participant en priorité aux animations, aux expositions et aux événements, enfin de bénéficier de manière permanente et non nominative d’un tarif préférentiel sur les entrées.

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Les artistes qui souhaitent prendre part à ce remarquable projet sont invités à envoyer leurs candidatures à da.sylvie@street-art-city.com

Street Art City a fermé ses portes le 5 novembre dernier pour la saison hivernale. Elle rouvrira ses portes le 30 mars 2018. Un rendez-vous à ne surtout pas manquer.

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Informations pratiques :

Street Art City 03320 Lurcy-Lévis

Ouvert au public tous les jours à partir du 30 mars 2018 et jusqu’au 4 novembre de 11h à 19h.

contact@street-art-city.com

Toutes informations au 06 44 95 59 86

www.street-art-city.com

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Monde : le Junk-Street-Art pour lutter contre la culture consumériste

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Par Michel Fily, le 21 novembre 2017

Il est portugais et parcourt le monde pour éveiller la conscience écologique et promouvoir la durabilité. Le Street Artiste Artur Bordalo, alias Bordalo II, a encore fait récemment les gros titres de la presse européenne avec sa dernière oeuvre 3D monumentale, installée dans le 13e arrondissement de Paris, entièrement réalisée à partir de déchets recyclés. Vieux pare-chocs, pneus de vélo crevés, poubelles trouées, chaises pliantes cassées, maisons de poupée, toboggan, casques de moto, portes, valises, horloges… Tous ces matériaux sont récupérés par l’artiste aux environs du lieu de la création de l’œuvre, dans les déchetteries, dans les poubelles, mais aussi sur la voie publique. « C’est un moyen de recycler, mais aussi un moyen de critiquer le monde dans lequel nous vivons et la culture consumériste qui détruit la nature », explique Artur Bordalo sur son site Internet. Et il n’est pas le seul Street Artiste au monde à mener ce combat pour l’écologie.

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A Londres, la sculptrice Michelle Reader, crée ses œuvres à partir de matériaux recyclés, provenant de décharges municipales, des bords de route et des friperies, et incluant des déchets ménagers et industriels. Elle a réalisé, avec les élèves d’une école primaire de la capitale britannique et en collaboration avec le projet environnemental Eco Active, une œuvre urbaine, entièrement créée à partir de déchets plastiques.

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Aux États-Unis, de nombreux Street Artistes, célèbres et anonymes, ont installé dans les rues de New York leurs œuvres constituées de matériaux recyclés : RAE BK crée de drôle de panneaux indicateurs anthropomorphes à Manhattan ; Jim Power alias The Mosaic Man couvre les pylônes de l’East Village  de magnifiques mosaïques détaillées, faites à partir d’objets usagés en verre, en céramique ou autres, qu’il fragmente puis réassemble ; dans le Bronx, Michael Cuomo installe des masques inspirés de l’art brut, faits de divers matériaux de récupération (tuyaux, roulettes, bouchons, fils de fer, passoires…) ;

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À Madrid, en Espagne, l’artiste allemand Hans-Jürgen Schult alias Ha Schult a créé en 2011 un hôtel éphémère, le « Corona Save the Beach Garbage Hotel », à partir de 12 tonnes de détritus récupérés sur les plages européennes. Le public a pu le visiter, mais également y dormir pendant quelques jours. «Nous devons changer le monde, avant que le monde nous change», affirmait l’artiste.

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En Grèce, l’association Atenistas investit les espaces publics laissés à l’abandon pour en faire, avec la participation active des citoyens d’Athènes, des installations à la fois artistiques et fonctionnelles. Le « Do It Yourself Park », est une aire de jeux réalisée à partir de bidons métalliques tagués, délimitée par une œuvre de Street Art, faite de gobelets en plastique usagés insérés dans un grillage puis peints. Près de « Pericles Street », Atenistas a également réalisé un espace de repos, avec des bancs fabriqués à partir de palettes industrielles et de vieilles chaises, ornementé d’une fresque peinte en commun avec la population du quartier.

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À Melbourne, en Australie, le Street Artiste David Lynch alias Junky Projects mène depuis plusieurs années une croisade d’art de rue environnemental. « Je crée des personnages-sentinelles, à partir des déchets de la malbouffe (couverts en plastique, boites de conserve, cannettes, emballages en carton), que je positionne à des endroits stratégiques de la ville pour rappeler aux passants que s’ils continuent à les créer quotidiennement, tous ces déchets pourraient revenir les hanter un jour », explique l’artiste sur son site.

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Le célèbre artiste urbain britannique My Dog Sighs, dont on trouve les œuvres aujourd’hui au Japon, en Israël et dans le monde entier, a commencé sa carrière par la combinaison de portraits mélancoliques et souvent naïfs à partir de matériaux trouvés dans la rue, et en particulier de cannettes vides, « réceptacles de notre subsistance, trop rapidement jetés, abandonnés par une société matérialiste désireuse de se gaver sans relâche ». « L’art est censé refléter notre vie et nous amener à remettre en question notre existence quotidienne. C’est ce que je tente de faire avec mon travail », affirme l’artiste. « Au début, mes cannettes peintes reflétaient les visages des sans-abris que l’on croise si souvent dans nos rues. Comme eux elles avaient été utiles par le passé, avant d’être mises au rebut. Et puis avec le temps ces portraits se sont élargis à tous les hommes, à nous tous, qui oscillons entre des moments de pure joie innocente et les bassesses les plus profondes. Mes peintures d’yeux capturent des moments cachés dans leurs reflets ».

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Enfin, en Syrie, à Damas, un groupe d’artistes a créé en 2014, la plus grande fresque murale en matériaux recyclés au monde, un travail rare visant à éclairer l’espace public dans une ville marquée par la guerre. Cette œuvre de 720 mètres carrés, réalisée par les artistes Moaffak Makhoul, Rajaa Wabi, Ali Suleiman et quatre autres artistes dans le quartier de Al Mazzeh dans la capitale syrienne, a été fabriquée à partir de vieux ustensiles de cuisine, de canettes d’aluminium vides, de bris de céramiques et de miroirs, de tuyaux, de roues de bicyclettes et d’autres objets recyclés. Moaffak Makhoul a expliqué la démarche du collectif : «J’étais triste de voir beaucoup de mes collègues artistes partir à l’étranger… Dans les conditions difficiles que traverse le pays, nous voulions redonner un peu de sourires aux gens, un peu de joie aux enfants et montrer que le peuple syrien aime la vie, la beauté et la créativité».

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Mexique : un festival réunit l’art urbain et la poésie

Par Michel Fily, le 20 novembre 2017

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Le poète local Sol Portillo, Directeur de la Fondation Una Luz Para mi País (Une Lumière Pour mon Pays), est à l’origine du projet Bakalarte, initié début 2017 dans la ville lagunaire de Bacalar au  sud-est du Mexique, dans l’État de Quintana Roo. Pour Sol Portillo, « la peinture et la poésie sont les moyens par lesquels nous pouvons exalter nos valeurs culturelles et notre nature sur les murs de notre ville, tout en recréant son tissu social ». Son idée remarquable est le fruit de sa grande connaissance de l’art poétique mexicain alliée avec une récente expérience de l’art urbain, en particulier à travers sa rencontre avec le Street Artiste Oscar Sandoval, à la tête du Collectif Axolotl. De cette amitié est né en août dernier le festival Bakalarte, un remarquable circuit d’art principalement situé à Bacalar et qui tend aujourd’hui à s’étendre vers d’autres villes du Quintana Roo. « Oscar est une référence importante dans le panorama du Street Art au Mexique. Son aide nous est précieuse pour la constitution d’un réseau d’artistes participants au festival », a ajouté Sol Portillo.

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Sol Portillo a fait don de ses poèmes pour le projet et avec lui, une trentaine de poètes de Bacalar de tous âges (le plus jeune est âgé de 12 ans) ont apporté leurs contributions littéraires. Parmi les auteurs locaux : Elvira Aguilar, Gustavo Alatorre, Suárez Camaal, César Cañedo, Fernando de la Cruz, Rosa Espinosa, Mario Islasáinz, Ramón Iván, Agustín Labrada, Francisco Lópe Ávila, Omar Ortega, Blanca Luz Pulido, Mavi Robles, Óscar Robles, Daniel Téllez, Neri Tello et Jorge Yam.

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La ville de Bacalar est bordée à l’est par une lagune qui donne sur la mer des Caraïbes. Elle reçoit plus de 50 000 touristes par an. L’afflux massif de visiteurs dans la lagune a commencé à endommager le fragile écosystème environnant, comme les roseaux, les mangroves et le sable. Les artistes phares de la première édition du Bakalarte, Sune Nesu (SUNE), Fredone Fone (Fredo), Irvingo Solis (Irvingo), Geovani Klavis Delgado Arminio (Capitan klavis) et Carlos Moreno Escobedo (CAME Moreno) ont travaillé dans le canal des Pirates, à l’intérieur de la lagune, sur les ruines d’un ancien restaurant. L’afflux massif de visiteurs dans la lagune de Bacalar avait commencé à endommager l’écosystème environnant, comme les roseaux, les mangroves et le sable. Pour alerter la population et les touristes sur ce problème et les éduquer à la préservation de cet environnement unique, les Street Artistes ont utilisé de la peinture écologique pour peindre leurs œuvres et les ont légendées avec des textes et des slogans pour la sauvegarde de la lagune et des espèces végétales et animales qui y vivent.

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Les participations d’artistes internationaux au festival Bakalarte ont ouvert les portes de Bacalar au monde à travers l’art. Entre autres nationalités représentées, l’Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, l’Espagne et l’Italie se sont joints de nombreux États du Mexique. Parmi les artistes participants à cette première édition : Lina Arias (gère le Collectif Atentamente Una Fresa – CDMX), Tomer Linaje (Rafa MM), Bili Bala, ESMARQ, Fredone Fone, Ariadna Galaz (gère le Collectif Calladitos), Kay Marie Gallivan, Jorge Peralta Galindo (Chiki Pera), Aline Herrera, Capitan Klavis, Alex Lechuga, Luca Ledda, Carlos Moreno Escobedo (CAME Moreno), Sune Nesu, Oscar Sandoval (Directeur du Collectif Axolotl), Alan Sánchez, Irvingo Solis, Luca Willberger, Ahmyo Yosoy et Paola G Zavala.

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Les premiers habitants de Bacalar étaient les Mayas à l’époque précolombienne. Pour valoriser ce patrimoine historique, le festival a créé un partenariat avec le Mayan Mural Fest qui réunira des Street Artistes renommés et créera, avec des artistes locaux, des peintures monumentales pour exalter la culture maya, ses traditions et sa poésie.

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USA : le Chalk Festival, un Street Art de la chaussée en 3D

Par Michel Fily, le 18 novembre 2017

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L’événement le plus important d’art urbain sur sol au monde s’est tenu à l’aéroport Fairgrounds sur l’île de Venice, en Floride, du 10 au 13 novembre derniers. Cette exposition internationale de Street art à la craie, le Chalk Festival, a duré quatre jours et le thème de cette 10ème édition était « Évanescence ».

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Dans les années 1980, un artiste américain nommé Kurt Wenner, tout en essayant de gagner sa vie en étudiant le dessin classique en Italie, est devenu le premier « Madonnaro » américain. Ce terme, originaire de l’Italie du centre, est dérivé de « Madonna » (la Vierge), et a qualifié les premiers artistes de rue qui produisirent, à l’aide de craies colorées, à même le pavé des rues et des places, des tableaux essentiellement d’inspiration religieuse, copies de grands maîtres ou pas. Aux États-Unis, l’artiste Robert Guillemin, connu sous le nom de « Sidewalk Sam », s’est inspiré des « Madonnari » italiens et a pris possession des rues du Massachusetts dans les années 1970. Il est resté passionné par cette forme d’art jusqu’à sa mort, en 2016.

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Le Street Artiste Kurt Wenner a élargi la discipline en créant  un Street Art de la chaussée en 3D, documenté par la National Geographic Society pour la première fois en 1985. Il en a lancé le premier festival aux États-Unis, et avec son exportation en Italie, a contribué à transformer cet art en un phénomène mondial. À partir de novembre 2010 et chaque année depuis cette date, le Chalk Festival présente le plus grand nombre d’œuvres sur sol jamais créées en un seul lieu.

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Le festival offre une occasion unique au public d’être partie intégrante de ce processus de création artistique. Lors de ce grand rassemblement, de nombreux artistes renommés utilisent la surface de la route comme une toile, pour y développer des chefs-d’œuvre surdimensionnés à la craie. Les Street Artistes qui créent ces peintures sur sol en 3D invitent les visiteurs pendant le festival à entrer directement dans leur travail – devenant ainsi une partie de l’illusion sur les photos. L’organisation du festival mélange les plus renommés des Street Artistes avec des graffeurs débutants, offrant aux novices et aux artistes étudiants une opportunité unique.

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Parmi les attractions autour du festival, le « Pavement Music Festival » présente au public de nombreux DJ’s, des Food Trucks et « Beer Gardens » sont présents ainsi que plusieurs kiosques de vente d’art, et des espaces d’art interactifs incitent les jeunes et moins jeunes à créer de mini-chefs-d’œuvre impromptus lors de leur visite.

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Le Chalk Festival célébrait cette année son 10ème anniversaire. Après six saisons à Burns Square, un quartier historique du centre-ville de Sarasota, il a déménagé à Venice en 2014. 2017 était sa quatrième saison sur l’île. Parmi les artistes participants lors de cette édition : Genesis Allione, Nate Baranowski, Julie Bell, Michela Bogoni, Abraham Burciaga, Sharyn Chan, Jennifer Chaparro, Lori Escalera, Naomi Haverland, Santiago Hernandez, Simona Lanfredi Sofia, Andrea Libratti, Lorelle Miller, Dalhia Perryman, Ruben PonciaAnton Pulvirenti, Eduardo Relero, Katie Runde, Marion Ruthardt, Marije SpelbosMino Di Summa, Craig ThomasKurt WennerGregor Wosik, Joel Yau… Et parmi les nationalités : l’Allemagne, l’Argentine, l’Australie, le Canada, l’Espagne, les Etats-Unis, l’Italie, le Japon, le Mexique, les Pays-Bas, le Perou, les Philipinnes, la Pologne…

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Entièrement gérée par des bénévoles (dont sa directrice, Denise Kowal), l’organisation du festival s’efforce de rassembler une communauté mondiale de passionnés de Street Art pour faire et partager avec eux de mémorables expériences. Au cours des années, le festival a attiré plus de 200 000 visiteurs, avec un impact économique estimé à plusieurs millions.

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La prochaine édition aura lieu du 9 au 12 novembre 2018.

Pour vous y inscrire :

– en tant que participants, CLIQUEZ ICI

– en tant que bénévoles, CLIQUEZ ICI

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Informations pratiques :

The Chalk Festival

200 Base Avenue East, Venice, Florida  34285 USA

Tel : (941) 488-8877

www.chalkfestival.org

https://www.facebook.com/ChalkFestival/

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