Monde : le Junk-Street-Art pour lutter contre la culture consumériste

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Par Michel Fily, le 21 novembre 2017

Il est portugais et parcourt le monde pour éveiller la conscience écologique et promouvoir la durabilité. Le Street Artiste Artur Bordalo, alias Bordalo II, a encore fait récemment les gros titres de la presse européenne avec sa dernière oeuvre 3D monumentale, installée dans le 13e arrondissement de Paris, entièrement réalisée à partir de déchets recyclés. Vieux pare-chocs, pneus de vélo crevés, poubelles trouées, chaises pliantes cassées, maisons de poupée, toboggan, casques de moto, portes, valises, horloges… Tous ces matériaux sont récupérés par l’artiste aux environs du lieu de la création de l’œuvre, dans les déchetteries, dans les poubelles, mais aussi sur la voie publique. « C’est un moyen de recycler, mais aussi un moyen de critiquer le monde dans lequel nous vivons et la culture consumériste qui détruit la nature », explique Artur Bordalo sur son site Internet. Et il n’est pas le seul Street Artiste au monde à mener ce combat pour l’écologie.

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A Londres, la sculptrice Michelle Reader, crée ses œuvres à partir de matériaux recyclés, provenant de décharges municipales, des bords de route et des friperies, et incluant des déchets ménagers et industriels. Elle a réalisé, avec les élèves d’une école primaire de la capitale britannique et en collaboration avec le projet environnemental Eco Active, une œuvre urbaine, entièrement créée à partir de déchets plastiques.

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Aux États-Unis, de nombreux Street Artistes, célèbres et anonymes, ont installé dans les rues de New York leurs œuvres constituées de matériaux recyclés : RAE BK crée de drôle de panneaux indicateurs anthropomorphes à Manhattan ; Jim Power alias The Mosaic Man couvre les pylônes de l’East Village  de magnifiques mosaïques détaillées, faites à partir d’objets usagés en verre, en céramique ou autres, qu’il fragmente puis réassemble ; dans le Bronx, Michael Cuomo installe des masques inspirés de l’art brut, faits de divers matériaux de récupération (tuyaux, roulettes, bouchons, fils de fer, passoires…) ;

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À Madrid, en Espagne, l’artiste allemand Hans-Jürgen Schult alias Ha Schult a créé en 2011 un hôtel éphémère, le « Corona Save the Beach Garbage Hotel », à partir de 12 tonnes de détritus récupérés sur les plages européennes. Le public a pu le visiter, mais également y dormir pendant quelques jours. «Nous devons changer le monde, avant que le monde nous change», affirmait l’artiste.

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En Grèce, l’association Atenistas investit les espaces publics laissés à l’abandon pour en faire, avec la participation active des citoyens d’Athènes, des installations à la fois artistiques et fonctionnelles. Le « Do It Yourself Park », est une aire de jeux réalisée à partir de bidons métalliques tagués, délimitée par une œuvre de Street Art, faite de gobelets en plastique usagés insérés dans un grillage puis peints. Près de « Pericles Street », Atenistas a également réalisé un espace de repos, avec des bancs fabriqués à partir de palettes industrielles et de vieilles chaises, ornementé d’une fresque peinte en commun avec la population du quartier.

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À Melbourne, en Australie, le Street Artiste David Lynch alias Junky Projects mène depuis plusieurs années une croisade d’art de rue environnemental. « Je crée des personnages-sentinelles, à partir des déchets de la malbouffe (couverts en plastique, boites de conserve, cannettes, emballages en carton), que je positionne à des endroits stratégiques de la ville pour rappeler aux passants que s’ils continuent à les créer quotidiennement, tous ces déchets pourraient revenir les hanter un jour », explique l’artiste sur son site.

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Le célèbre artiste urbain britannique My Dog Sighs, dont on trouve les œuvres aujourd’hui au Japon, en Israël et dans le monde entier, a commencé sa carrière par la combinaison de portraits mélancoliques et souvent naïfs à partir de matériaux trouvés dans la rue, et en particulier de cannettes vides, « réceptacles de notre subsistance, trop rapidement jetés, abandonnés par une société matérialiste désireuse de se gaver sans relâche ». « L’art est censé refléter notre vie et nous amener à remettre en question notre existence quotidienne. C’est ce que je tente de faire avec mon travail », affirme l’artiste. « Au début, mes cannettes peintes reflétaient les visages des sans-abris que l’on croise si souvent dans nos rues. Comme eux elles avaient été utiles par le passé, avant d’être mises au rebut. Et puis avec le temps ces portraits se sont élargis à tous les hommes, à nous tous, qui oscillons entre des moments de pure joie innocente et les bassesses les plus profondes. Mes peintures d’yeux capturent des moments cachés dans leurs reflets ».

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Enfin, en Syrie, à Damas, un groupe d’artistes a créé en 2014, la plus grande fresque murale en matériaux recyclés au monde, un travail rare visant à éclairer l’espace public dans une ville marquée par la guerre. Cette œuvre de 720 mètres carrés, réalisée par les artistes Moaffak Makhoul, Rajaa Wabi, Ali Suleiman et quatre autres artistes dans le quartier de Al Mazzeh dans la capitale syrienne, a été fabriquée à partir de vieux ustensiles de cuisine, de canettes d’aluminium vides, de bris de céramiques et de miroirs, de tuyaux, de roues de bicyclettes et d’autres objets recyclés. Moaffak Makhoul a expliqué la démarche du collectif : «J’étais triste de voir beaucoup de mes collègues artistes partir à l’étranger… Dans les conditions difficiles que traverse le pays, nous voulions redonner un peu de sourires aux gens, un peu de joie aux enfants et montrer que le peuple syrien aime la vie, la beauté et la créativité».

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