Vincent Bruno, graffeur militant, repeuple Paris de ses petits oiseaux

Par Michel Fily, le 9 mai 2018

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En septembre 2017, le Centre ornithologique d’Île-de-France (le CORIF) et la Ligue de protection des oiseaux (la LPO) publiaient les résultats d’une étude longue de 13 années sur l’observation des moineaux de la capitale. Et le constat était alarmant : ces petits oiseaux, si emblématiques de la ville de Paris, étaient officiellement déclarés « en voie de disparition ». En effet, depuis 2003, plus de 73 % des moineaux qui nichaient intramuros ont disparu. Et cette triste constatation est la même dans les autres grandes villes d’Europe de l’Ouest. En cause, la disparition des petits insectes en ville, l’absence grandissante d’espaces verts et d’espaces de nidification, les pesticides et la pollution. Quelques rares Parisiens ont commencé de réagir en installant des nichoirs dans leurs quartiers, mais la prise de conscience est lente.  

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Le graffeur Vincent Bruno est né à Paris. C’est un artiste engagé. Choqué par les articles de presse qui ont dévoilé cette désertion des « titis parisiens », il a décidé de faire quelque chose, avec ses propres outils artistiques, pour alerter les gens et réveiller leur conscience. Son projet s’appelle « Moanos ». Il nous le raconte.

Bonjour Vincent Bruno, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Vincent, j’ai 37 ans, je suis parisien, j’ai toujours vécu à Paris même si j’ai beaucoup voyagé, j’ai une carrière assez longue sans avoir fait d’école d’art. J’ai gravi les étapes de cette carrière une à une, en commençant par vendre mes dessins dans la rue, puis un peu en galerie d’art. Puis, après un petit passage en peinture déco, avec l’apprentissage du Light Painting et enfin l’apprentissage du tatouage que je pratique depuis huit ans. Au début, quand j’étais plus jeune, j’ai commencé par taguer juste mon nom. Puis je me suis rendu compte que ça ne me correspondait plus, que je trouvais ça enfantin et un peu trop « ego trip ». Alors, j’ai commencé à peindre et à accrocher des peintures dans la rue, mais cette fois-ci sans aucun lien entre elles, juste pour le plaisir de peindre. J’ai toujours apprécié l’activité de rue.

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Quel a été le déclencheur du projet Moano ?

L’hiver dernier j’étais en Thaïlande avec ma femme et je suis tombé sur un article du Parisien qui expliquait que Paris a perdu les trois quarts de ses moineaux. J’ai été très choqué et ça m’a fait réagir parce que c’est quelque chose qui touche à mon enfance. Je me rappelle les avoir nourris dans les parcs et avoir beaucoup joué avec, comme tous les petits garçons, je pense. Et c’est vrai que, même si on ne s’en rend pas forcément compte par nous-mêmes, ils ont disparu. Nous, les Parisiens, on n’a pas tellement de contact avec la nature et on ne réalise pas forcément dans notre vie courante à quel point l’impact de la pollution est grave dans la ville. C’est pour faire réagir les gens à leur tour que j’ai décidé de créer et de mettre en oeuvre ce projet.

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 Comment l’as-tu présenté à ton public ?

Je ne suis pas spécialement fan des réseaux sociaux, mais ils peuvent s’avérer très utiles, quand on les utilise comme un atelier ouvert. J’ai beaucoup d’amis qui me suivent depuis très longtemps et dont j’écoute les conseils. Je leur fais confiance pour mes orientations. Ça m’a permis d’avoir un retour en direct et à chaque étape de l’élaboration du projet, j’ai consulté mes amis mes proches et mon public. En décembre 2017, j’ai organisé une exposition des croquis préparatoires  lors de portes ouvertes à Montreuil. Puis, sur les réseaux sociaux, j’ai demandé des conseils et des idées avant la production en série, en proposant plusieurs dessins. Parce que,  entre l’idée de départ et la réalisation, il y a eu plusieurs changements, surtout sur la question de la reproduction. Au départ, l’idée était de faire des moineaux très simples, au pochoir, dans la rue. Mais les moineaux simples, ce n’est pas ce qu’il y a de plus marrant, alors j’ai décidé de les représenter dans un univers beaucoup plus Geek, de superhéros, dans une thématique de résistance et d’héroïsme.

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Quelles ont été ses étapes successives d’élaboration de ton projet ?

J’ai donc mis les premiers croquis sur Internet juste pour voir les réactions et voir si ça allait toucher les gens. Dès le départ, j’ai eu un très bon retour et ça m’a motivé pour lancer une première série d’une cinquantaine de mes Moanos. J’ai eu à nouveau de très bons retours des gens. Et à ce moment-là, la question qui s’est posée c’est « Est-ce que je fais des originaux ou un procédé reproductible ? », à savoir, soit du pochoir, soit de l’impression. C’est une question très compliquée, parce qu’elle interroge sur les notions d’art de rue, d’originalité. Là encore, j’ai posé la question sur les réseaux sociaux.  J’ai eu beaucoup de retours, une centaine de commentaires en plus des gens qui m’en parlaient en direct et au final, j’ai opté pour l’impression.

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C’est un projet participatif, avec ton public et aussi avec tes proches. C’est important pour toi ?

Bien sûr. Pour commencer, la première personne avec qui je colle c’est la petite fille de ma compagne. Elle a dix ans. Elle est ravie d’aller coller les Moanos avec moi. C’est une activité simple et c’est l’occasion d’aller faire des grandes ballades ensemble. Cela me rend très heureux de faire ça avec elle. La question globale de la collaboration avec les gens est sans cesse en réflexion. J’hésite à « lâcher » sur Internet tous les plans de tous les Moanos, en noir et blanc, pour que les gens puissent les imprimer, les colorier, les peindre et les accrocher dans leurs quartiers. Mais ça représente beaucoup de travail « offert » et qu’il n’y aurait pas de possible retour en arrière, alors je me pose encore la question à l’heure actuelle. Ce qui est sûr, c’est que la participation des gens va se faire sur des jeux à venir autour des Moanos, dans les prochains mois, sûrement dans un quartier où auront été collés beaucoup de Moanos. En définissant un périmètre et en disant aux gens que parmi tous les Moanos il y en a un qui n’a pas été pris en photo, en leur demandant de le retrouver. J’offrirais une petite série de Moanos à la personne qui l’aura trouvé en premier et qui m’enverra sa photo.

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Comment réagit ton public jusqu’à présent ?

Les réactions sont plutôt bonnes, mais j’en attends encore sur les réseaux sociaux, d’inconnus, de gens qui tomberont par hasard, dans la rue, sur mes Moanos. Pour l’instant, j’ai surtout des réactions de la part de gens qui me connaissent et de personnes qui suivent le projet depuis le début sur Internet. Mais je ne me pose pas encore trop la question du public.  Je pose mes Moanos, ça me plait de les poser, je prends beaucoup de plaisir à les voir dans mon quartier et dans les lieux où je traine. J’espère que ça sera pareil pour les gens.

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Qu’est-ce que tu aimerais susciter chez les Parisiens avec ce projet ?

Déjà, une réelle prise de conscience du fait qu’il n’y a plus de vrais moineaux dans Paris. C’est l’objectif principal. Ensuite, qu’ils se posent la question du « Pourquoi ? ». De l’appauvrissement en oxygène de notre air, de l’appauvrissement en espaces verts et en « logements » pour ces petits oiseaux et de la stérilisation de la terre urbaine, dans laquelle il n’y a plus de vers, plus d’insectes, plus de nourriture pour eux. Et, peut-être, d’arriver à faire réfléchir les gens sur l’écologie urbaine, sur comment on peut être écolo « intramuros », dans la ville.

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Bon nombre de tes collages sont décollés et collectionnés par tes fans. Qu’en penses-tu ?

Je trouve ça plutôt flatteur. Ça veut dire que les gens apprécient l’oeuvre. Même si ça peut avoir tendance à énerver les premiers temps, je préfère toujours voir mes dessins arrachés et dans un appartement, que de les voir détruits par le temps ou par les municipalités qui les retirent et les mettent à la poubelle. Donc, cela ne me pose pas de problème que mes Moanos soient décollés par les gens. Mais  je suis en train de réfléchir à mettre un tampon au dos de chaque graff, pour dire : « Si vous avez arraché un Moano, prenez-en soin svp ».

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Est-ce que c’est plus facile ou plus difficile d’être graffeur à Paris ?

Ce n’est pas facile de répondre à cette question parce que je n’ai pas de point de comparaison, ayant toujours vécu à Paris. Mais je pense que ça doit être plus facile en province, parce qu’il y a plus d’espaces, moins de police, plus de terrains vagues… C’est vrai que si on cherche à être vu, il n’y a rien de mieux que la capitale, où il y a un flux quotidien important de public pour voir les oeuvres. Après, c’est vrai que l’activité de graff parisienne est très risquée, parce qu’il y a beaucoup de policiers et que la Mairie veille à repeindre les murs très régulièrement, même s’il y a des lieux spécifiques où l’on peut peindre, avec beaucoup de Street Artistes en activité et beaucoup de photographes qui passent. Et ça, c’est plutôt bien. Enfin, je pense que c’est peut-être aussi plus facile à Paris en termes de communauté : plus facile de rencontrer des « collègues » graffeurs, d’acheter du matériel, etc.

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Qu’est-ce que tu penses de l’évolution du Street-Art aujourd’hui ?

Je ne suis pas un grand fan de cette évolution. Au début, nous étions juste des « tagueurs ». Moi, quand j’ai débuté, ce n’était pas une époque très heureuse de ma vie, j’étais rageur. C’était une revendication. Cette notion de revendication a malheureusement commencé à disparaitre au début des années 2000, pour être remplacée par une forme d’auto-promotion d’artistes qui sont « sortis » des galeries d’art, pour aller draguer le public dans la rue. Ce n’est pas ma démarche, même si je suis pour la diversité culturelle et même si c’est toujours bien que les rues soient colorées. Mais je trouve c’est un peu dommage que le Street Art, dans sa version actuelle, a pris toute la place dans les médias, par rapport au tag simple, qui est peut-être moins « beau », mais a plus de choses à dire.

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Quels sont tes autres activités artistiques du moment et tes futurs projets ?

En ce moment, je fais beaucoup de tatouages. C’est mon activité principale. Je suis passé du papier, aux trains, aux murs, à la peau humaine. La peau est le plus beau des supports pour mes pièces et je suis très content que les gens les portent sur leurs corps. Le projet des Moanos est à son début, j’en ai toujours sur moi et c’est un plaisir de les coller partout dans Paris. Après cette première étape de collage, je pense que je vais peindre des fresques sur cette thématique, avec de nouveaux moineaux-super-héros et peut-être du texte explicatif à côté. Une autre évolution à laquelle je pense sera de passer de la 2D au volume, en fabriquant des Moanos « en dur », pour les poser sur des rebords des murs, sur des branches d’arbres… Je n’attends pas spécialement de retour ni de rétribution à mon travail. Je pense que si un jour j’expose dans le cadre de ce projet, ce sera dans un but caritatif, pour la cause animale et écologique. Je continue aussi intensivement le Light Painting, avec mon équipe, le « Light Club », en parallèle. Mais le projet Moanos occupe la majeure partie de ma création, de ma réflexion et de mon temps.

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Un projet résistant, engagé, remarquable, à l’image de l’essence de ce qu’est le Street Art et que je vous engage à chercher, à adopter et à partager.

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Street Art et handicap : des initiatives engagées

Par Michel Fily, le 2 mai 2018

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Les Jeux paralympiques d’hiver de 2018 à Pyeongchang ont récompensé et mis à l’honneur des milliers d’athlètes qui ont dépassés leurs handicaps par le sport. Depuis les années soixante, ces jeux représentent une occasion mondiale rare de sensibiliser et de faire évoluer les mentalités. Des artistes de rue engagés ont rendu hommage à ces jeux au travers de grandes fresques murales aux couleurs des cinq anneaux. D’autres ont simplement souhaité graffer le handicap, avec leur propre vision artistique, pour le montrer, pour le dédramatiser, pour le défendre aussi. Certains sont allés jusqu’à détourner les pictogrammes « handicap » de signalisation. D’autres ont crée des fauteuils roulants customisés par des artistes… Voici, à l’occasion de la Journée de la Mobilité récemment célébrée, les portraits de ces remarquables initiatives.

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En septembre 2016, dans la ville de Rio de Janeiro ou avaient lieu les  jeux paralympiques, le projet « Rio Esporte Arte » a réuni cinq Street Artistes qui ont graffé cinq fresques aux couleurs des cinq anneaux, avec pour thème les sports olympiques. Bruno Big, João Nitcho, Mateu Velasco, Nicolau Mello et Thiago Tarm ont réalisé plus de 1 700 mètres carrés de graffitis, dans l’un des plus grands projets d’art urbain au Brésil. Située sur la place Ana Amélia, au centre-ville de Rio, la fresque murale de João Nitcho, intitulée « Basketball paralympique » (anneau jaune), rend hommage aux personnes handicapées et défend l’accessibilité. Son auteur, l’artiste brésilien João Nitcho est né en 1981, à Rio de Janeiro. Au début des années 2000, il a obtenu un diplôme en design graphique  à l’Université catholique pontificale de Rio de Janeiro (PUC-RJ) et a développé un langage artistique urbain, faisant du scénario citadin sa référence et sa composition. Le travail de Nitcho mixe ses principales influences artistiques et musicales, tentant de « rendre visibles les sons dans la ville« , comme il l’explique.

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Avec ses collages de rue, la Française Marie-Caroline Brazey aka MC Solaire a décidé elle-aussi de défendre le handicap en détournant avec art et humour le pictogramme qui sert de signalisation pour les emplacements réservés aux personnes handicapées. Adopté à l’international en 1968, le célèbre fauteuil roulant sur fond bleu représente les personnes en situation de handicap comme raides et statiques. Aux yeux de la jeune femme, cette image ne reflète en rien la réalité de toutes les personnes handicapées concernées par ce panneau. Avec beaucoup de créativité, MC Solaire le dynamise de manière à la fois poétique et frappante. « J’ai eu cette idée en recevant ma carte de stationnement. C’était un moment compliqué pour moi et j’avais trouvé ce pictogramme très limitant« , a-t-elle confié à France 3. Puis elle a continué sur sa lancée, transformant le logo en Wonder Woman, en Père Noël ou en sirène… Son initiative a été plébiscitée sur les réseaux sociaux.

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D’autres artistes ont eu la même idée ailleurs dans le monde. En 2013, un groupe de graphistes américains avait décidé de faire de ce dessin « une métaphore de la volonté et de la détermination » des personnes handicapées, en inclinant le haut du corps du personnage et en fléchissant ses bras pour montrer qu’il est pleinement maître de ses mouvements et non dépendant de son fauteuil. Ils s’étaient inspirés du travail de Sara Hendren, étudiante en design à l’Université d’Harvard, qui avait déjà transformé les panneaux dans la ville de Boston. Son initiative avait été imitée jusqu’en Inde et en Italie.

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Le graffeur français Oak Oak détourne toute la signalétique des villes. Les panneaux Stop, les sens interdits, mais aussi les places de parking réservées aux personnes handicapées. Originaire de Saint-Étienne, il imprime sa propre vision, ses propres références qui proviennent souvent de la culture Geek, sur le symbole blanc et bleu. Lui aussi conçoit son art comme un moyen de poétiser l’environnement urbain.

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« Le handicap est trop souvent enfermé dans la case « fauteuil roulant » et le regard des gens en est influencé. J’espère qu’en donnant vie à ce pictogramme, le regard des gens puisse changer« , a expliqué MC Solaire. « Il y a beaucoup de choses à faire au niveau de la sensibilisation autour de handicap et des populations fragiles… Voitures, poubelles et autres obstacles obligent encore trop de personnes à mobilité réduite à faire des détours… Sensibiliser me semble être la clé !« . MC Solaire a choisi le collage comme mode d’expression pour éviter toute dégradation des objets de l’espace public.

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A Dublin, en Irlande, deux sœurs, Ailbhe et Izzy Keane, ont eu l’idée de faire customiser les roues des fauteuils roulants par des artistes. Leur projet, Izzywheels, a été inspiré par Izzy qui est paralysée depuis sa naissance. Sa soeur Ailbhe avait remarqué que le fauteuil était la première chose que les gens voyait chez Izzy et que celui-ci ne reflétait rien de son individualité. Le projet collabore aujourd’hui avec de nombreux artistes à travers le monde pour offrir des fauteuils roulants colorés et créatifs qui aident de nombreuses personnes à mieux vivre avec leur handicap. « Imaginez-vous portant les mêmes chaussures, tous les jours de votre vie« , questionne Ailbhe Keane. « Nos gardes rayons sont facilement interchangeables. Ils donnent ainsi la possibilité aux usagers de changer de style, d’affirmer leurs goûts et leur personnalités« .

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Le slogan d’Izzywheels est « If you can’t stand up, Stand out » (« Si vous ne pouvez pas vous lever, démarquez-vous!« ). Parmi les artistes contributeurs à ce projet : Alma Del Valle (Espagne), Bodil Jane (Pays-Bas), Brosmind (Espagne), Camille Walala (UK), Conor Merriman (Irlande), Dan Huston (USA), Fuschia MacAree (UK), James Earley (Irlande),  Jane Newland (UK), Jess Phoenix (US), Karol Banach (Pologne), Kiki LJung (UK), Kim Sielbeck (Hawaï), Kitty McCall (UK), Loulou & Tummie (Allemagne), Marylou Faure (UK), Marijke Buurlage (Pays-Bas), Mark Conlan (Auqtralia), Maser (USA), Mireia Ruiz (Espagne), Okudart (Espagne), Orla Kiely (UK), Pamela Rhodes (UK), Paula McGloin (Irlande), Peter Donnelly (Irlande), Rob Gavin (Irlande), Ruan Van Vliet (Irlande), Sonny Ross (UK), Steve Simpson (Irlande), Supermundane (UK), Will Bryant (USA), Zebu (Allemagne)… Une liste qui s’agrandit chaque année.

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Au Kosovo, le suédois Stefan Pelc, graffeur en fauteuil roulant, a collaboré avec Charlotta Boucht, une photographe freelance finlandaise, qui travaille avec des jeunes handicapés locaux, pour organiser des ateliers de graffitis. Les participants étaient environ 15 jeunes handicapés, accompagnés d’un grand nombre de bénévoles, d’amis et de membres des familles. Le résultat a été une semaine très créative. L’objectif de cet atelier graffiti était de promouvoir l’association locale « HandiKos » et d’attirer l’attention sur la situation des personnes handicapées au Kosovo. Le groupe a graffé une grande fresque. Plusieurs stations de télévision locales et régionales ont documenté le travail des jeunes, qui a eu un impact national dans les médias. « Moi, qui suis aussi en fauteuil roulant, je vis une « vie de luxe » en Suède. J’ai un travail, des droits à une assistance et à la technologie, dans un pays où les autorités, les municipalités se concentrent sur l’accessibilité« , a déclaré Stefan Pelc. « Ça me rendrait heureux si mes amis handicapés au Kosovo pouvaient aussi avoir ça!« .

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Le graffeur norvégien Dolk qui pratique l’art du pochoir dans le monde entier a peint dans la ville de Bergen, sur l’ile de Lofoten et ailleurs plusieurs fresques célèbres sur le thème du handicap, parmi lesquelles les « Wheel  Chair lovers » et son « Somnambulo« . Dolk est né à Bergen, en Norvège, en 1979, a étudié le graphisme à Melbourne et a commencé avec l’art du pochoir en 2003.

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Il revendique une filiation évidente avec le père du Street Art Banksy dont il s’inspire pour créer. A Londres, certaines de ses oeuvres ont été prises pour celles de Banksy. Depuis 2006, Dolk participe à des expositions et des festivals dans le monde entier.

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La Street Artiste Zabou a été mandatée à l’occasion de la Semaine européenne du handicap, pour peindre une grande peinture murale à Altkirch, en Alsace. Le bâtiment qu’elle a peint est occupé par des résidents ayant des problèmes de santé mentale qui ont choisi son travail pour parler de leur handicap. Sa fresque de 12 mètres de haut représente un petit garçon qui tient un bouquet de ballons et s’envole vers le ciel. le concept original comprenait un fauteuil roulant, mais il a été supprimé pour que la fresque représente l’intégralité des personnes handicapées et pas seulement celles en fauteuil. Française d’origine, Zabou a déménagé et commencé à peindre à Londres en 2012. Travaillant avec le graff à main levée (« free hand« ), Zabou aime questionner la société et taquiner les idées reçues. Elle est l’une des artistes les plus actives de la scène Street Art. Elle a peint au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Italie, à Chypre, au Portugal, en Suède, en Espagne, aux Pays-Bas, en Israël, à Dubaï, en Colombie et aux États-Unis.

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Au Canada, en 2015, l’artiste Charlie Johnston aka C5Charlie a peint une grande peinture murale longeant l’autoroute intitulée « La vie en mouvement« . « Cette oeuvre fait suite à une autre fresque que j’avais réalisé précédemment sur le cyclisme. Elle représente un homme en chaise roulante qui s’entraine pour devenir une athlète paralympique« , a expliqué C5Charlie. L’artiste a insufflé beaucoup de mouvement et d’énergie cinétique à sa peinture, où les jambes de l’homme se libèrent progressivement de leurs entraves pour marcher. Il a peint cette fresque pour la compagnie Innovative Medical Supplies, qui promeut la thérapie sportive aux Etats-Unis. Le Street Artiste peint depuis 30 ans dans le monde entier et en Asie en particulier.

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Unlimited Global Alchemy est une commission artistique britannique dirigée par l’artiste visuelle britannique Rachel Gadsden, en partenariat avec l’artiste-activiste sud-africain Nondumiso Hlwele et le groupe Bambanani (Cape Town, Afrique du Sud). Rachel Gadsden est une artiste qui expose à l’international et qui oeuvre en faveur du handicap. En 2016, pour célébrer le lancement des Jeux paralympiques de 2016 à Rio de Janeiro, Rachel Gadsden a peint les décors d’une cérémonie d’allumage des flambeaux du patrimoine à Aylesbury, près d’Oxford. Elle a, de même, depuis 2010, effectué de nombreux « live painting« , en association avec d’autres formes d’art comme le chant et la danse, de fresques sur le sujet du handicap.

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Malgré ces très belles initiatives, il reste malheureusement de nombreux progrès à faire en matière d’exposition du handicap. En 2017, en Australie, le Conseil municipal de la ville de Maribyrnong, près de Melbourne, a présenté ses excuses avoir autorisé la destruction d’une fresque initiée par Larissa MacFarlane et créée par une équipe d’artistes vivant avec un handicap. Larissa MacFarlane est une artiste visuelle accomplie, largement considérée pour son art de collage, malgré un handicap cérébral reconnu. Plus de 40 personnes ont passé des centaines d’heures à installer le collage « Disability Pride« . Ce travail était destiné à célébrer la Journée internationale des personnes handicapées, mais la fresque a été détruite quelques heures après avoir été édifiée. Larissa MacFarlane a dénoncé un « acte de mépris flagrant« ,  illustrant, selon elle, la façon dont les personnes handicapées sont traitées en Australie.

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