Graff et musique : des artistes au service d’autres artistes

Par Michel Fily, le 15 juin 2018

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« La Fête de la Musique et le street art, c’est le même esprit de la rue« . C’est ce que confiait le graffeur français Combo – signataire de l’affiche de la 35ème édition de la Fête de la Musique – au site du Ministère de la Culture, en 2016.

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Le 21 juin prochain célèbrera en France et dans le monde pour la 37ème fois le 4ème art, dont l’histoire est indissociable de celle du graffiti, depuis les débuts de la culture hip-hop dans les années 70 à New York jusqu’au street art tel qu’il existe aujourd’hui. A l’origine, le rap était le seul mouvement musical rattaché à l’art de la rue.  Aujourd’hui, ce n’est plus la seule musique à inspirer et à rythmer le travail des artistes urbains. La plupart des grands festivals de Street Art proposent au public de nombreuses scènes électro, des concerts rock, pop, de musique du monde et des « jam sessions » qui accompagnent les performances en direct des graffeurs. Retour sur l’histoire commune de ces deux domaines artistiques, si étroitement liés.

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Le maitre Banksy lui-même a glorifié le mouvement punk dans nombre de ses fresques, reprenant le moto « NO FUTURE » et détournant le slogan phare « DO IT YOURSELF » pour dénoncer l’absence d’esprit critique chez les gens : son punk ci-dessus – censé être emblématique de l’antisystème – a fini par commander un graffiti en kit à IKEA…

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Le grand Bordalo II, bien avant de commencer à créer ses « animaux-poubelles » (voir mon article sur le Junk Street Art), œuvrait sur les voies ferrées qu’il transformait en partitions de musique. « Les sons urbains de la ville sont notre musique quotidienne », disait-il.

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Autre très grand street artiste brésilien, Eduardo Kobra, qui graffe ses oeuvres multicolores partout dans le monde depuis de nombreuses années, est particulièrement connu pour son projet d’hommage à plusieurs icônes de la pop-culture, intitulé les « Murs de la Mémoire » : David Bowie, John Lennon, Bob Dylan, Jim Morrison, 2Pac et les Beatles…

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Disparus récemment, les chanteurs David Bowie et Prince ont fait l’objet de nombreux hommages de street artistes : C215, Aske, Rice et David Flore, entre autres pour Bowie ; Floss42, Aske et Mr G pour Prince.

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Le célèbre graffeur français Jef Aérosol a lui aussi rendu hommage à de grandes icones de la musique : Lennon, Serge Gainsbourg, Jimmy Hendrix… Mais c’est surtout la musique elle-même qu’il a célébrée, avec ses portraits noir et blanc d’enfants et d’adultes jouant d’un instrument. Car Jef Aérosol n’est pas seulement un graffeur, il est musicien depuis l’âge de douze ans et a joué et enregistré avec différents groupes : Windcatchers, Open Road, Distant Shores, Miscellany … En 2016, le street artiste a en outre participé à la conception de la pochette de l’album de Louise Attaque.

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Bien avant lui, les très grands graffeurs Mr Brainwash, DFace, Ron English, Shepard Fairey et Keith Haring ont collaboré avec des artistes comme Madonna, Christina Aguillera, Billy Idol, Chris Brown… pour créer les pochettes de leurs albums. Et plus récemment, le street artiste et calligraphe l’Atlas a participé au clip vidéo du titre « Makeba » de la chanteuse Jain.

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Parmi ces derniers, le parisien Mr Brainwash, qui vit aujourd’hui à Los Angeles, a conçu 15 couvertures différentes pour la sortie, en 2009, de l’album « Celebration » qui a réuni les plus gros succès de Madonna. Il a aussi signé la couverture de l’album « Xscape » de Michael Jackson et conçu la couverture digitale de l’album posthume de l’artiste. Mr Brainwash a également réalisé le clip de la chanson « Divine Sorrow », de Wyclef Jean ft Avicii, graffé pour le célèbre festival Coachella en 2013 et signé la campagne marketing et la couverture de l’album « Cloud 9 », de Kygo.

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L’Américain Shepard Fairey aka Obey –  qui a signé le fameux portrait de Barack Obama, « Hope », en 2008 – est un fan absolu de musique engagée, du punk-rock au reggae, en passant par le heavy metal et le rap. Il conçoit son art comme un art « coup de poing » : immédiat et critique, en accord avec les musiques qu’il aime. Shepard Fairey a réalisé la pochette du disque des Black Eyed Peas, « Monkey Business » et l’affiche du film « Walk the Line » consacré au musicien Johnny Cash. Il est aussi signataire des pochettes de « Zeitgeist » des Smashing Pumpkins et de la compilation de Led Zeppelin « Mothership ». Fairey a en outre relooké le logo des Rolling Stones, à l’occasion de leurs 50 ans de carrière.

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Le Lillois MIMI the ClowN se revendique lui aussi comme un artiste engagé et provocateur. Il explique que ses influences passent évidement par les arts du cirque, mais aussi par le rock n roll. Et parmi ses pochoirs incisifs qui mêlent humour et politique, on trouve de nombreux clowns joueurs de guitare électrique et des hommages à des grandes stars du rock comme Elvis Presley.

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Le graffeur Sergio Odeith, originaire du Portugal et spécialiste du street art anamorphique (3D) (voir mon article sur le street art 2.0), a rendu hommage dans ses fresques précoces à John Lennon, Bob Marley, à 2Pac et aux Beatsie Boys, mais aussi au grand Louis Armstrong et au compositeur portugais Carlos Paredes.

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Le français MTO (pour Matéo), qui a vécu et oeuvré de nombreuses années à Berlin, a réalisé dès ses débuts de graffeur une série de grands portraits – inspirés de photos noir et blanc – hommages à des musiciens : Ray Charles, Spike Lee, Jimmy Hendrix, Michael Jackson…

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Enfin, de nombreuses oeuvres collectives – portraits hommages, fresques d’instruments ou de sono-radios géantes – célèbrent la musique dans le monde entier, comme celles de Kingbee, Pose2 et Chemis à Harlem ou encore celle de Meres, Slone, TF, Shiro et IZK à Bushwick, le quartier du street art à Brooklyn – New York.

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