« Be Disturbed » : SNEK, un talent hyperactif et débridé

Par Michel Fily, le 27 septembre  2018

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Samuel Martinek aka SNEK (contraction de son prénom et son nom) est un enfant de la campagne. Il ne connaissait rien à l’art urbain ni au graffiti jusqu’en 2016, lorsque Street Art City s’est offert à lui comme une bouffée d’oxygène. Depuis, il n’a cessé d’expérimenter son art en multipliant les techniques, les supports et les inspirations thématiques, dans le cadre de résidences artistiques successives. 

Urban Street Art Urbain a eu le privilège de rencontrer ce Street Artiste hors normes, bouillonnant de talent et incroyablement prolifique…

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Parle-nous tout d’abord de ta rencontre avec Street Art City…

Je les ai connus à l’aube de leur gigantesque projet, en 2015. En tant qu’artiste local non reconnu et pas issu du Street Art, j’y ai vu une opportunité nouvelle de créer librement et sans carcans. Je dessinais, je peignais, j’avais fait quelques pochoirs pour des affiches de groupes, des performances graphiques sur des concerts, quelques fresques chez des particuliers… Mais, dans mon village, je n’avais aucune expérience de l’univers Street et je n’avais jamais eu l’occasion de créer sur des murs.

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Street Art City t’a donc offert tes premiers murs…

Pas immédiatement. Ils m’ont dit : « On a de nombreux murs, mais on ne va pas t’en donner un tout de suite ». Ils m’ont fait faire un petit bout d’essai dans une montée d’escalier de l’Hôtel 128. Le graffeur ZESO et Sylvie Iniesta, propriétaire de Street Art City, sont venus voir et, à ma grande surprise, ils ont dit : « C’est cool, ce que tu fais » et ils m’ont proposé d’aménager la bibliothèque du bâtiment principal, des murs au plafond. J’ai travaillé sur ce projet durant plusieurs mois et j’ai pu ainsi croiser de nombreux Street Artistes en résidence et me confronter à leurs univers et à leurs visions. Parce que j’étais sur place, on m’a proposé, comme aux autres artistes, d’illustrer les futurs dossiers qui allaient être distribués aux professionnels. Et à la suite de ces illustrations, Sylvie m’a dit : « Tu maitrises bien les petits formats. Pars de chez nous avec des châssis et des petites toiles et peins. On exposera tes tableaux à la galerie ». À l’époque, je faisais surtout des têtes, atrophiées ou éclatées, d’où s’échappaient ou s’écoulaient des formes nébuleuses ou liquides… Je suis très « cérébral » (rires). Et hypersensible aussi.

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Quelles sont tes influences ?

C’est un mix entre le réalisme et la bande dessinée. J’ai fait des études d’art appliqué et de verrerie, qui ont occasionné beaucoup d’heures de dessin. J’ai une bonne culture de l’histoire de l’art. J’aime beaucoup le travail de perspectives… J’ai un petit côté « hétéroclite », en réalité. Je pioche dans toutes ces connaissances et ces expériences pour créer. Et je finalise les choses sur du long terme…

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Après les petits tableaux, Street Art City t’a proposé de travailler sur d’autres supports ?

Oui, j’ai illustré des pochettes de disques, des bombes de peintures et j’ai aussi fait un projet sur des cartouches et des paquets de cigarettes. Une partie de ces œuvres est toujours exposée dans la galerie et je continue d’en faire de temps en temps. J’ai aussi réalisé une œuvre à deux mains avec le graffeur KELKIN, sur l’une des portes de la galerie.

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Tu es le seul artiste à avoir deux chambres dans l’Hôtel 128…

Lorsque Street Art City m’a proposé de réaliser ma première chambre, mon univers était encore très hétéroclite. J’ai choisi la chambre 73, en référence à mon année de naissance et j’y ai jeté un univers foisonnant, entre civilisations antiques et destruction moderne, avec comme slogans « Soyez perturbés ! » et « L’homme est un virus ». J’ai vécu mon immersion dans cette pièce comme un moine. J’ai toujours eu une attirance pour les personnages religieux et les ermites. Cette résidence artistique, le fait que nous n’avons à nous préoccuper de rien d’autre que de notre peinture, c’est un travail de moines enlumineurs. On est seul dans notre chambre. On nous appelle pour manger. Après le repas on retourne peindre, parfois jusqu’à la nuit… On est face à soi-même. C’est une expérience très forte. J’ai tout peint dans la pièce, du sol au plafond. Ça a été un déversoir. C’est la première chose qui a frappé les gens, ce foisonnement. J’avais besoin de faire sortir plein de choses de moi-même et c’était la première fois que je pouvais vraiment m’exprimer, après une période de gros doutes où j’avais failli arrêter la peinture…

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La rencontre avec les souscripteurs le jour de l’inauguration du livre de l’Hôtel 128 a été une expérience nouvelle pour moi, parce que je ne suis pas quelqu’un qui aime trop les compliments ni me mettre en avant… Je ne sais pas très bien me « vendre » et pourtant toutes les toiles de la première pièce ont été vendues… C’est à cette époque que je me suis progressivement tourné vers l’univers d’Hokusai, le grand peintre japonais, et en particulier vers ses petits personnages qui peignent. Et j’ai décidé de leur faire peindre du Street Art. Lorsque Street Art City m’a proposé la deuxième chambre, j’étais ravi et j’ai décidé de mettre en scène ces personnages sous forme de moines Shaolin en mouvement, avec des bombes de peinture, en mêlant l’art du combat avec l’art tout court. Et c’est déjà un succès puisque la toile centrale de la pièce est d’ores et déjà vendue.

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Entre temps, tu as eu d’autres projets en dehors de Street Art City ?

Oui, d’abord un projet avec le Guide du Routard, dont j’ai illustré la tranche d’édition dédiée au pays bourbon. Ce qui fait de moi le premier artiste à avoir illustré un Guide du Routard. J’ai aussi participé à un projet urbain de la ville de Montluçon, sur des containers de recyclage de verre, l’une de mes premières œuvres à vraie dimension « Street » (même si elle n’est pas en mode « vandale »), parce qu’elle est dans la rue…

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Que penses-tu de ton succès et où en es-tu de tes rêves ?

Beaucoup de gens me parlent de succès et me disent « Bravo, tu as réussi ». Mais ils se trompent. Je ne suis qu’au début du parcours, de mon point de vue. J’apprends tous les jours, je fais mes « petits pas ». Et chacun de ces pas est essentiel.

SNEK, en bon enfant de la campagne, n’a pas de compte Facebook et n’est pour l’instant pas sur les réseaux sociaux. Pour le rencontrer ou voir son travail, il faut simplement se rendre à Street Art City.

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« Plonger dans le noir pour retrouver la lumière » : Ted Nomad expose LA VIE à Street Art City

Par Michel Fily, le 26 septembre  2018

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Ted Nomad est né sur la route. Il a laissé des stigmates anonymes de ville en ville, forgeant son univers, peuplé des portraits de ses rencontres. Il développe depuis les années 2000 la technique du pochoir. Sa peinture est instinctive, jetée, comme une nécessité, une urgence. Il puise son inspiration dans l’être humain, ses émotions, dans ses figures anonymes ou célèbres, ses rencontres. Une inspiration puisée dans l’actualité ou le quotidien de tous.

Urban Street Art Urbain est allé à la rencontre de cet artiste hors-norme, qui présente actuellement à Street Art City un Solo Show intitulé LIFE sonorisé et scénarisé, constitué d’œuvres originales exceptionnelles mises en scène au cœur d’une ambiance bouleversante.

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Parle-nous tout d’abord de ta rencontre avec Street Art City…

J’ai connu Street Art City en 2016, c’est-à-dire avant l’ouverture. J’avais été invité à un évènement pendant les championnats du monde de moto à Magny-Court, ou Gilles et Sylvie Iniesta, les propriétaires de Street Art City, étaient aussi invités avec d’autres artistes. Nous nous sommes rencontrés là-bas et nous avons tout de suite tissé des liens intenses. Ils m’ont très rapidement invité à venir à Street Art City, où j’ai tout d’abord peint le grand mur extérieur, quelques mois avant l’ouverture officielle du site. Depuis cette date, je suis revenu ici assez régulièrement. J’ai réalisé ensuite, en 2017, la chambre numéro 24 de l’Hôtel 128. Puis, ils m’ont proposé de prendre la suite de ZESO, qui avait son Solo Show l’an dernier dans la salle d’exposition. J’ai bien évidemment accepté…

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Comment as-tu créé cette exposition ?

J’ai beaucoup réfléchi en amont à ce que je voulais raconter dans ce show. C’est la première fois que j’expose dans une expo solo uniquement des anonymes. J’ai toujours mis quelques célébrités ou quelques photos célèbres dans mes expositions, pour répondre à une sorte de complexe artistique, une peur. En mettant un Dali ou en reproduisant une photo célèbre ou même des photos de copains, j’avais l’impression d’y aller moins seul et ça me donnait du courage. J’avais besoin d’une « béquille », si on peut dire… Et pour ce show, j’ai décidé de me passer de cette béquille et de vraiment aller au fond de moi-même. J’ai commencé à faire des croquis préparatifs et tout en réalisant ces croquis j’ai écrit des textes, chose que je fais déjà depuis assez longtemps.

« Je jette de la peinture

sur les murs

ça fait des éclaboussures

je donne toute mon âme

corps à corps

et pour seule arme

mon cœur hardcore »

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Comment as-tu intégré tes textes à ce show ?

J’avais l’habitude d’incorporer mes textes visuellement dans mes œuvres, comme dans ma chambre de l’Hôtel 128. Mais je ne voyais pas les choses comme ça pour cette exposition, c’était une évidence. Il fallait que je les introduise différemment. J’avais décidé de les enregistrer sous format audio – sachant que quand j’écris mes textes, la diction et la musique sont déjà présentes à mon esprit –  mais l’idée était encore assez floue. Alors je suis allé voir un ami musicien, Josef Bilek, avec qui je travaille sur pas mal de projets. Je savais déjà comment chanter mes textes, je les ai tous enregistrés a capella. Il a composé une bande musicale et ensuite on a retravaillé ensemble les textes avec la musique. On en a fait un spectacle performance, présenté en juin dernier, pendant lequel j’ai peint en même temps que je chantais, et ça a été une expérience incroyable. Le public était en pleurs, les émotions étaient très fortes.

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Vas-tu renouveler l’expérience ?

On est en train de réfléchir à d’autres productions de ce spectacle. Mais il faut que ce soit dans de bonnes conditions. C’est-à-dire avec un vrai mur et en extérieur. Ce côté « street » est très important pour moi, parce qu’il colle avec mon passé. Parce que j’ai été dans la rue très jeune… C’est une démarche très intime…

« L’enfance, faite de plaisirs immenses,

de souffrances intenses…

le tout mélangé, mixé, malaxé…

comme un canari dans un mixer

la vie a écorché mon cœur »

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Ton Solo Show s’intitule LIFE. Peux-tu expliquer son identité ?

J’ai toujours travaillé autour de l’humain. Donc, forcément, mes œuvres évoquent la vie. Les regards de mes personnages aussi. Et le fait d’avoir écrit des textes en même temps que je dessinais ce que j’allais peindre a imbriqué ces deux démarches et a fait de cette exposition quelque chose de très autobiographique. Ces regards intenses sont devenus moi. C’est moi qui force un peu le regard du spectateur, simplement pour lui montrer que je suis vivant. Ce que j’ai voulu faire aussi, c’est donner du courage aux gens. Et de l’espoir. Parce qu’avec ce que j’ai vécu, ce n’était pas gagné… Je suis tombé vraiment très bas. J’étais dans une souffrance profonde. Et aujourd’hui je suis en train de vivre une renaissance juste incroyable ! J’ai voulu montrer aux gens que c’est possible et qu’il faut juste y croire…

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Quelle technique as-tu utilisée ?

J’ai commencé le pochoir au début des années 2000. À la base, pour moi, cette technique n’était pas forcément artistique. Je dessinais, mais je n’avais pas l’ambition de devenir artiste. Ce que je faisais avec les pochoirs était plus de l’ordre de la révolte : avec un dessin assez simple, je taguais des messages, des slogans. J’utilisais à l’époque des pochoirs beaucoup plus solides que ceux que j’utilise aujourd’hui. Je les fabriquais avec du carton ou du plastique. Dès que j’arrivais quelque part je passais toute la nuit à taguer le même motif absolument partout. Sans signer. Ce n’était pas du tout mon propos de me faire connaitre. Je n’imaginais même pas que ce soit possible. Ma démarche était simplement viscérale. Et je n’avais aucune référence, parce qu’étant dans la rue depuis un très jeune âge, je n’avais pas accès aux médias. Bien sûr, je voyais des graffitis dans les rues, mais je ne suis pas sûr que ça me parlait réellement à l’époque… Ce que je voulais, c’était juste faire passer un message aux gens.

« J’ai connu la rue trop tôt,

j’ai vécu le règne de la galère gros,

j’ai traîné, erré, dépouillé,

wesh je sais ce que c’est.

C’est la tête sous l’eau

à téter le goulot,

constamment chercher,

c’est pas se laver, s’oublier, puer,

c’est déranger les braves gens pressés »

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Je n’ai pris un vrai virage artistique qu’en 2013, après que je me sois enfin installé dans une maison, après toutes mes années de galères… L’année précédente, c’est-à-dire la dernière année durant laquelle j’ai vécu dans un camion, j’étais sur un terrain privé où il y avait des caravanes et des camping-cars. Et avant de partir, j’ai voulu peindre les portraits de toutes les personnes qui étaient là-bas et les leur offrir. C’était la première fois que je mixais réellement ma technique de dessin avec la technique du pochoir. Il y a eu une telle magie quand j’ai donné ces tableaux, ce que j’ai vu dans les yeux de ces personnes m’a tellement plu, que je me suis dit : « Il y a peut-être quelque chose à faire avec cette technique-là ». Et trois mois après m’être installé dans ma première maison, j’avais peint quarante toiles… J’ai fait une première petite expo dans un bar, à Mâcon, qui est ma ville d’origine. Là aussi, il y a eu un engouement incroyable de la part du public. J’ai vendu dès le premier jour. À la fin de cette exposition, j’en avais trois autres de prévues. Pour moi, la chance s’est présentée à ce moment-là…

« Je crois qu’une seule vie ne suffira pas à me faire taire.

Moi, ma grande gueule,

mes tripes et ma fierté.

On est seul

mais solide comme une armée.

On est là, on est vivant

bien obligé de rester debout »

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Ce sont ces gens qui m’ont dit que j’étais un artiste. Je n’avais pas du tout ambitionné ça, alors je me suis dit : « Ok, il faut que je légitime cette chose qu’ils voient en moi ». J’ai complètement revu ma technique de pochoirs et je suis passé au papier. Je récupérais des grandes affiches dans des salles de concert pour fabriquer ces pochoirs. Je suis tombé complètement amoureux de cette technique, du fait que ça bouge, que ça se soulève un peu, que la peinture passe en dessous, que ça « provoque l’erreur »… Les taches de couleurs sont, elles aussi, apparues assez rapidement après mon installation. J’allais présenter ma première exposition solo dans une galerie et je voulais faire un travail sur la synesthésie, c’est-à-dire la faculté que certaines personnes ont de voir certaines choses en couleurs. J’étais passionné par ce phénomène neurologie que je trouve incroyablement poétique. Et donc, après avoir peint mes portraits en noir et blanc, je les ai regardés chacun leur tour en me demandant : « De quelle couleur est-il, pour toi ? » C’est comme cela que les taches de couleur sont apparues. Et je me suis rendu compte qu’elles donnent de la vie à mes portraits, qui sont assez statiques à la base, un peu comme des photos d’identité. Les taches y ajoutent des émotions que je n’avais pas forcément voulu y mettre et qui, parfois, me surprennent moi-même…

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Tu as utilisé des supports particuliers ?

Oui. Comme je l’ai expliqué, je viens de la rue. J’ai vécu, durant plusieurs années, uniquement avec de la « récup ». Dans cette exposition, j’ai peint sur du bois, sur du carton, sur des caisses de vins, sur mes propres bombes… Il y a un aspect presque jouissif, de mon point de vue, dans le fait de prendre un matériau qui n’a aucune valeur et le remettre sur le marché de l’art. Et il y a du sens, parce que c’est un matériau qui a eu une utilité, qui a servi, qui raconte lui aussi une histoire. Je trouve ça vraiment important. J’essaie d’explorer tous les supports…

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Comment as-tu organisé l’espace de ce show ?

Dès le départ j’ai su que j’allais repeindre tout l’espace en noir. Les fonds noirs correspondent à mon identité visuelle, ils créent une intensité qui correspond à ce que je veux transmettre. Ensuite, après avoir commencé à installer les toiles et à diffuser les textes et les musiques, j’ai voulu que les gens puissent se poser et j’ai fabriqué un banc. Enfin, je me suis souvenu que des gens m’avaient dit, lors d’expositions précédentes, qu’elles trouvaient mon travail « trop dur ». Certaines personnes ont tendance à confondre, dans leurs ressentis personnels, « intensité » avec « tristesse ». J’ai mal vécu ces réactions et ne voulais pas qu’elles se reproduisent dans cette exposition. Mes œuvres parlent d’amour. La tristesse n’est vraiment pas du tout ce que je veux raconter. C’est comme cela que j’ai eu la vision de la scène centrale de l’exposition, avec les trois personnages assis en tailleur autour du cœur… Pour les fabriquer, j’ai utilisé le corps de ma compagne que j’ai entouré de cellophane, puis de scotch. Puis j’ai découpé sur les côtés pour démouler, rembourré celles-ci de journal et rescotché les formes. C’est ce qui les rend si vivantes. J’ai utilisé des masques pour rappeler les sujets anonymes des portraits et parce qu’un contraste se crée entre ces personnages centraux sans visages et les visages autour qui les regardent. J’ai intitulé cette installation « Radeau de Fortune ». Elle représente à mes yeux un instant de grâce, dans un monde chaotique, avec cette fleur en forme de cœur qui a poussé et que les trois personnages se sont arrêtés pour observer…

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LIFE, par Ted Nomad

À vivre sans modération d’émotion

Tous les jours sans interruption de 11h à 19h

Street Art City

03320 Lurcy-Levis

http://tednomad.com

https://www.facebook.com/tednomad/

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Alebrijes : SUNE NESU présente ses animaux fantastiques à l’Europe

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Par Michel Fily, le 25 septembre  2018

 Artiste plasticien et muraliste renommé au Mexique, SUNE NESU a peint et exposé en Californie, à San Diego, à Chicago, au Tijuana, dans le Missouri… Il était, en 2017, l’invité d’honneur du Festival de Street Art et de poésie Bakalarte. Urban Street Art Urbain l’accueillait en septembre, pour sa tournée européenne, et lui a permis de peindre ses premières fresques en France, en partenariat avec SITIO par Superposition Lyon et Street Art City. Le style graphique de SUNE NESU est typique de la culture picturale mexicaine, très coloré, riche en détails et proche de l’art naïf.  Rencontre avec un ardent défenseur de la culture et des valeurs sud-américaines.

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Depuis combien de temps peins-tu?

J’ai commencé la peinture par le graffiti, très jeune, vers l’âge de 15 ans. J’ai suivi des études d’arts plastiques à l’INBA (Instituto Nacional de Bellas Artes) à Mexico. À 19 ans, j’ai commencé à peindre des murales (c’est le nom que l’on donne aux œuvres de Street Art au Mexique et en Amérique du Sud en général), et je n’ai jamais arrêté depuis (rires).

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Tes sujets animaliers sont des Alebrijes. Ton tout premier mur en France était un Quetzalcoatl. Peux-tu expliquer aux lecteurs de quoi il s’agit ?

Les Alebrijes sont des statues en bois représentant des créatures animales fantastiques, généralement constituées d’éléments hybrides et imaginaires. Ce sont des objets d’artisanat de mon pays. Ils furent inventés par l’artisan Pedro Linares Lopez en 1936. Je m’inspire de ces objets typiques de ma culture traditionnelle en créant mes propres Alebrijes sur mes murs. Quetzalcoatl est le nom donné, au Mexique, à l’une des principales divinités de l’antiquité amérindienne, le serpent à plumes. Les Aztèques, les Mayas, les Mixtèques et les Toltèques le vénéraient. Il est l’un des quatre dieux créateurs de l’homme. Pour ma première fresque murale, à Lyon, j’ai voulu peindre une combinaison du Quetzalcoatl et d’un Alebrije, parce que j’ai à cœur de toujours laisser une trace de ma culture mexicaine dans les pays où je peins. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi ces deux sujets.

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Quels sont les festivals où tu as déjà peint dans le monde?

J’ai peint lors de nombreux festivals urbains au Mexique, j’ai participé à plusieurs Meetings of Styles (MOS) aux États unis et au festival de Street Art de Saint Louis. C’est ma toute première venue en Europe. Dans mon pays, le Street Art est florissant et de grande qualité artistique, mais nous avons beaucoup de mal à sortir de nos frontières et à atteindre l’Occident.

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Est-ce important pour toi de défendre ta culture ancestrale?

C’est essentiel. J’essaie transmettre mon identité à travers mes peintures murales et ces thèmes ancestraux en sont la base, comme pour la majorité des Street Artistes au Mexique et en Amérique du Sud.

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Y a-t-il, selon toi, des différences importantes entre le Street Art au Mexique et le Street Art européen?

 Les styles sont différents, mais ce n’est pas la seule distinction. Au Mexique, la peinture murale existe depuis plus d’un siècle ! L’artiste peintre Diego Rivera (1886-1957), compagnon de Frida Kahlo, est mondialement connu pour ses murales. Cet héritage a engendré une plus grande tolérance envers les Street Artistes de la part des autorités et des villes. Chacun a le droit de peindre la façade de sa maison comme il le souhaite. C’est la raison pour laquelle le Street Art est si développé et de très grande qualité au Mexique. En Europe, les choses sont très différentes…

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C’est la première fois que tu viens en France, comment as-tu vécu cette expérience?

Si je devais la résumer en un mot, je dirais « surprenante ». Parce qu’ici le Street Art n’est pas encore complètement accepté, cela a été très encourageant pour moi de constater que les gens ont aimé mes oeuvres. Pouvoir peindre en France et en Belgique a été l’une des meilleures expériences que j’ai eues dans ma vie. Et en plus d’avoir pu exposer mon art dans ces pays, je m’y suis fait de très bons amis. C’est quelque chose qui est très important pour moi, l’amitié.

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Comment le public a-t-il réagi à tes murs?

Voir les expressions des gens, leur intérêt et leurs sourires en voyant mes murs m’a rendu très heureux. Le public venu aux vernissages, mais aussi les passants de tous âges ont beaucoup aimé et commenté mes fresques. Les jeunes et les enfants étaient particulièrement touchés par les couleurs vives et le thème animalier. Les adultes ont aussi beaucoup apprécié mon style naïf et géométrique, ainsi que les signes culturels très marqués dans mon art.

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Parle-nous des lieux qui t’ont reçu…

Je ne sais pas dire assez de bien de toutes les personnes qui ont participé à mon passage en France et en Belgique. À Lyon, j’ai été accueilli par Urban Street Art Urbain, qui m’a mis en lien avec SITIO par Superposition et Street Art City. J’ai été merveilleusement reçu par le restaurant le Sampa (22 Rue d’Enghien, 69002 Lyon) où j’ai peint ma première fresque, mon Quetzalcoatl (encore visible aujourd’hui), et exposé plusieurs toiles. Puis j’ai été reçu en résidence artistique à Street Art City par Sylvie et Gil Inesta et toute leur formidable équipe. J’y ai peint un léopard ailé sur un mur extérieur de dix mètres de long et j’y ai rencontré beaucoup d’autres artistes venus du monde entier… Puis je me suis rendu en Belgique, à Anvers, ou j’ai été reçu par Tim Marschang de Street Art Antwerp. J’y ai peint une grande fresque de « rhino-tapir »  (Kollebloemstraat 23, 2170 Antwerpen).

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Et maintenant, où vas-tu peindre et quels sont tes futurs projets?

Je serais en novembre-décembre dans le New Jersey puis à Miami. Je devais me rendre en Hollande, à Rotterdam, lors de ma venue en Europe, mais je n’ai pas pu le faire par manque de temps. Je prévois donc d’y peindre prochainement. Peut-être irais-je aussi au MOS Brazil à Rio… Dans tous les cas, je souhaite avoir l’opportunité de revenir très vite en France et en Europe pour faire connaitre mon art et défendre la culture mexicaine.

https://www.facebook.com/sunesin

http://globalstreetart.com/sune-nesu

https://www.instagram.com/sunenesu/

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SITIO par Superposition, un nouvel espace d’art urbain à Lyon

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Par Michel Fily, le 21 septembre  2018

L’association lyonnaise Superposition vient tout juste d’investir 230 m2 sur la presqu’île Lyonnaise, dédiés à l’émulation, au partage et à l’émerveillement. Un lieu hybride qui se définit lui-même comme une « plateforme d’interactions pluriculturelle ».

Les Superposeurs ont été partenaires d’Urban Street Art Urbain pour la tournée européenne du Street Artiste mexicain SUNE NESU et lui ont permis de peindre sa première fresque sur les murs du restaurant brésilien le Sampa. À cette occasion, Urban Street Art Urbain a rencontré Orbiane Wolff, cofondatrice de Superposition, dont elle est la Présidente et la Responsable de Développement, et Stéphanie Meyer, Chargée des Partenariats et Responsable de la programmation artistique de SITIO.

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Parlez-nous des origines de l’association ?

L’origine est toute simple : quatre amis, un soir de février 2016, autour d’une bouteille de vin. Une discussion sur les artistes urbains parmi nos connaissances qui avaient un réel problème de visibilité ; qui avaient du mal à trouver des galeries pour les exposer ; qui avaient du mal à trouver des surfaces légales pour graffer dehors et qui souffraient d’un manque de reconnaissance de leurs pratiques artistiques. Le constat, aussi, du manque attristant de couleurs urbaines dans la ville de Lyon, si on la compare aux autres métropoles dans le monde. Et ces quatre amis se sont demandé comment ils pouvaient essayer de changer les choses et ajouter leur pierre à l’édifice urbain lyonnais tout en y apportant quelque chose de totalement nouveau. On avait vu passer un appel à projets de la DRAC à l’époque. Ça a été le déclencheur de notre décision de créer, « au culot », une structure, pour répondre à cet appel à projets. C’est comme cela que l’association Superposition est née.

« Superposition, c’est un peu la maison-mère de nos actions. SITIO est le lieu au cœur de ces actions, comme son nom est au cœur du mot Superposition »           

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Quelles sont les valeurs de Superposition ?

Ses missions principales sont la démocratisation de l’art urbain pour tous et par tous, la mise en lumière des artistes émergents et la revalorisation de l’espace urbain, afin de fédérer la population locale et lui permettre de se réapproprier son environnement. On a voulu remettre des couleurs dans la rue, créer du lien avec les artistes et le public et faire de la médiation, parce ces artistes et leurs process n’étaient pas forcément compris par toute la population.

« On voulait « superposer » de la couleur dans les rues »

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Quelles ont été vos premières actions ?

On a décidé de créer des évènements pour se faire rencontrer public et artistes, dans la rue. Le premier de ces happenings, #SUPERBIEN a été lancé en mai 2016. Nous avons invité une dizaine de Street Artistes (Kalouf, V2M, Jaké, Rézine, Y?not, Inert, Poppy At Work…) à venir graffer rue Longue, dans le premier arrondissement de Lyon, différentes surfaces, des portes de garages, des devantures de magasins, des murs, etc. C’est ainsi qu’on a pu créer un premier dialogue entre les Lyonnais et les Street Artistes.

« L’idée, c’est d’édifier une véritable passerelle interactive, entre publics, oeuvres et créateurs »

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Comment est constituée l’équipe de Superposition ?

C’est une aventure qu’on a surtout débutée avec Marion Rubellin et Hélène Giay, cofondatrices. Ensuite, l’équipe a évolué. On s’est entouré de Stéphanie Meyer (Partenariats), de Loïs Markarian (Production) et de Maïlys Febvre (Communication), pour l’équipe principale. Nous n’avons pas tous de background dans le domaine artistique. Notre volonté était de nous réunir à la compétence. Par exemple, Stéphanie a fait une école d’arts appliqués, elle a travaillé en galerie d’art, mais aussi dans la communication et l’événementiel pendant plusieurs années. Elle a aussi eu son propre Webzine et connait très bien le milieu alternatif lyonnais… Pour ma part, j’avais une expérience dans le milieu associatif, j’ai été responsable de développement pour le magazine Trafalgar , j’ai aussi travaillé pour un magazine féministe… À Superposition, chacun apporte sa propre expertise, qui n’a pas forcément de rapport avec le milieu de l’art.

« On avait besoin de créer un projet qui ait plus de sens éthique et moral que ce qu’on faisait chacun de notre côté à la base»

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Que s’est-il passé entre mai 2016 et aujourd’hui ?

Après #SUPERBIEN, on a organisé un second évènement similaire dans le 7e arrondissement, en juillet 2016, qui s’est appelé #SUPERALOHA, avec les Street Artistes BookDon MateoThéo HaggaiMr.SphinxMačkaChufyStel et Insane de la Ruche. À la suite de cela, on a eu l’opportunité d’avoir un lieu, dans le 7e arrondissement de Lyon, pour organiser un festival d’art urbain. On a organisé la première édition de l’Urban Art Jungle Festival en un mois. Et je dois dire qu’on ne s’attendait pas du tout à la réaction du public, qui est venu en masse. Et tout le monde nous a dit : « C’est génial, quand la prochaine édition aura-t-elle lieu ? ». Nous avons attendu un peu d’avoir un lieu pérenne, pour pouvoir exposer nos artistes et mettre leur travail en lumière. On a ouvert notre première galerie In Situ / Ex Situ, au 11 rue Longue, dont le concept était d’exposer un artiste chaque mois : ses œuvres à l’intérieur, parallèlement à du Live Painting sur plusieurs surfaces (portes d’entrée, vitrines, portes de garages) à l’extérieur. Cette galerie a accueilli une douzaine de Solo-Shows et trois expositions collectives. Nous avons continué d’organiser les UAJ (Urban Art Jungle Festivals), dont nous sommes en train de préparer la cinquième édition actuellement, prévue pour juin 2019. Puis, nous avons reçu nos premières demandes d’organisations de fresques…

« Ici,  on ne ressent pas une ambiance traditionnelle de galerie. C’est un univers décalé »

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Comment avez-vous diversifié vos activités ?

On a proposé aux artistes qui le souhaitaient d’organiser des ateliers d’initiation au graffiti et aux différentes techniques du Street Art. On a commencé à travailler aussi avec les collectivités, les MJC, les collèges et les lycées, pour s’intégrer complètement dans le paysage culturel lyonnais. Nous avons aussi une vraie démarche sur notre intégration dans le paysage urbain voisin, comme ici dans nos nouveaux locaux proches de la Confluence, pour aller à la rencontre des acteurs urbains qui nous entourent.

« L’Urban Art Jungle Festival, ce sont des Solo-Shows, des expositions collectives, des ateliers, des concerts, des performances live et des DJ sets, des conférences, des projections thématiques, des brunchs maison, des dégustations de produits locaux, des food trucks… »

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Justement, parlez-nous de ce nouveau lieu…

On avait un lieu magnifique, mais trop petit pour des œuvres de grandes dimensions. Notre volonté de proposer au public des Workshops, de développer notre branche musicale, de pouvoir privatiser la galerie et de nous ouvrir à d’autres structures, nous ont poussés à chercher un nouvel espace. Notre nouvel espace, SITIO, est une vitrine de notre action, doublé d’une galerie à part entière. On a conservé le mode associatif, parce que Superposition a pour vocation un certain nombre de démarches qui ne sont pas forcément génératrices de revenus, et que nous souhaitons absolument poursuivre. Ce lieu hybride a un mode de fonctionnement très loin de l’univers traditionnel des galeries. Vis-à-vis du public, cela correspond à une vraie volonté d’ouverture et vis-à-vis des artistes, on propose un cadre loin du business, avec très peu de barrières. On leur dit surtout de se lâcher et on leur permet d’exprimer pleinement leur discours. C’est une manière de travailler qui développe aussi beaucoup la créativité.

« SITIO, ça veut dire le lieu, l’endroit. C’est notre petit musée d’Art urbain »

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Avez-vous des financements ?

On avait eu un mécénat pour l’Urban Art Jungle Festival et pour l’ouverture de SITIO, on a fait appel à notre communauté, sous forme de Crowdfunding. Pour l’instant, nous sommes autofinancés et nous n’avons encore reçu aucune aide de la ville, qui cependant nous soutient déjà par un bon accueil. On espère que cela se concrétisera bientôt par des apports financiers. On a aussi de nombreuses associations qui nous soutiennent et des bénévoles qui nous aident pour les UAJ et tout au long de l’année.

«  Il n’y a pas de succès individuels ici, il n’y a que des succès collectifs »

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Quels sont vos actualités et futurs projets ?

D’abord une belle rentrée avec l’exposition de Kalouf. On a préparé avec toute l’équipe une programmation artistique jusqu’à juin 2019, avec de belles têtes d’affiche, comme Don Matéo, V2M, Mani, Azed… Ensuite, en juin, la cinquième édition de l’UAJ avec de nouveaux artistes émergents. Et aussi une exposition collective prévue pour la fin décembre 2019, avec là aussi un parti-pris sur de la « super-émergence ». Un prochain rendez-vous de la rentrée, le One Shot/Urban Art Session, dans le cadre duquel Superposition va occuper pendant un mois un magasin vide de 2 000 m du Centre Commercial Confluence et le détourner en une exposition d’oeuvres murales inédites. Autre projet, en partenariat avec l’ENS et le Musée des Confluences, Superposition va intervenir avec quatre Street Artistes qui vont peindre leurs interprétations des planètes et leurs œuvres seront exposées à l’ENS. À cette même période (13-14 octobre 2018), nous allons repeindre avec une douzaine de Street Artistes tout le sol de la rue Victor Hugo, entre la place Ampère et la rue Jarente, un projet en partenariat avec My Presqu’île. Enfin, dernière actualité importante, nous allons participer à l’exposition Les Nouveaux Sauvages, qui va regrouper tous les acteurs de l’art contemporain et urbanistes lyonnais, dans les Halles du Faubourg (7ème arrondissement de Lyon), avec une fresque murale de 30 mètres (5 octobre 2018)…

« Il y a un vivier d’artistes absolument gigantesque à Lyon. Cela représente un potentiel incroyable »

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SITIO par Superposition

3, place Gensoul 69002 Lyon

Ouvert du lundi au samedi (hors évènements spécifiques) de 10h00 à 18h00

Tél. : 04 78 08 19 52

contact.superposition@gmail.com

https://superposition-lyon.com

https://www.facebook.com/pg/superposition.urban.art.value/

 

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Photos : courtesy of SITIO par superposition – Photography : Miss Den’ki

« Une œuvre perpétuelle qui va vivre, tel un phœnix en constante résurrection » : Street Art City, Millésime 2018

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Par Michel Fily, le 21 septembre  2018

10 hectares, 13 bâtiments, 7 000 m2 construits, 22 000 m2 de murs et façades, un hôtel de 4 étages et 128 chambres… Au cœur de l’Auvergne, un site unique, pérenne, entièrement dédié au Street Art, un territoire ressource incontournable, au rayonnement international.

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Urban Street Art Urbain a reçu, pour sa première venue en France, le Street Artiste mexicain SUNE NESU et l’a accompagné lors de sa réception en résidence artistique à Street Art City. L’occasion d’une rencontre exceptionnelle avec l’âme de ce lieu hors du temps, Sylvie Iniesta.

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Pouvez-vous nous parler de la genèse de Street Art City ?

Ce site était un centre régional de formation des PTT. Fermé en 1992, il était abandonné depuis. Nul ne se préoccupait de son sort, ni de sa destination future. En 2003, mon mari Gilles et moi sommes revenus dans notre village et avons eu l’opportunité de racheter le site à France Télécom. Abandonné depuis longtemps et à cause de la taille du site, ce lieu n’était pas simple à réhabiliter. La nature reprenait inexorablement ses droits, fissurant les bâtiments, qui semblaient pourtant refuser de se résoudre à disparaître…

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Alors, nous avons décidé d’apporter bienveillance et protection à cet endroit, jusqu’à littéralement camper sur les lieux, à partir du printemps 2012. Pendant trois années, quotidiennement, inlassablement, je me suis promenée sur ce site avec mon petit chien Bijou (devenu aujourd’hui la mascotte de Street Art City), en cherchant le moyen de le faire revenir à la vie. Pendant trois années, j’ai « porté » ce lieu, comme un enfant à naître…

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Et c’est là que j’ai touché quelque chose qui est un peu de l’ordre de la « Grâce », parce que ne venant pas du tout de ce milieu et n’ayant aucune connaissance dans ce domaine, le 22 janvier 2015, à 17h05, j’ai reçu l’information. J’ai vu les bâtiments comme un corps en mort clinique et j’ai vu le « leurre » de cette mort. J’ai vu l’âme intérieure prête à rayonner de nouveau et j’ai été transpercée par une évidence : « C’est ce que l’on voit sur les périphériques, en ville, sur les trains et les métros… Je ne sais pas comment ça s’appelle ? Des tags ? Des graffitis ? C’est ça, l’électrochoc de beauté et de lumière qui va relancer le cœur »…

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« Faire de ce lieu cet espace unique qui accueillera l’unicité de chaque individu pour trouver la voie royale par l’expression de cet art urbain qui bouleverse notre quotidien et qui s’ancre dans notre XXIe siècle comme aucun mouvement ne l’a fait au cours de l’histoire de l’Art »   

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Que s’est-il passé ensuite ?

Nous avons contacté quelques premiers collectifs et, immédiatement, j’ai été bombardée d’une multitude d’informations, de signes inconnus jusqu’alors. J’ai appris sur le tas, j’ai appris à écouter, car c’est quand même un monde extrêmement codé, qui vient de la rue, parfois même assez « borderline »… J’ai vraiment été testée universellement et pour que cela puisse être, il a fallu que je sorte de moi-même ma capacité à apporter la protection à ce lieu, dans sa résurrection, sans le stériliser ni le donner en pâture, avec une vraie recherche d’harmonie.

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Et aujourd’hui ?

Ce projet, je le vis et je le ressens comme un principe d’évolution, où des étapes ont été franchies. Où tout, d’un seul coup, s’accélère un petit peu parce qu’on arrive au sommet de la montagne et c’est une sorte de couronnement. Je ne sais pas jusqu’où ce projet va nous emmener, où jusqu’où je l’emmènerai, mais chaque jour qui passe affine son ouverture universelle, en touchant de plus en plus et le plus grand nombre, tout en le peaufinant et le sculptant à l’essentiel. Ce lieu était là bien avant moi et sera là bien après moi. J’essaie juste d’imprimer à son ADN une énergie fondamentale irréversible, pour qu’il soit et qu’il continue d’être. Comme le principe trinitaire de la vie. Pour que dans cent ans, des Street Artistes continuent de venir s’exprimer ici. C’est une sorte de grâce, et je demeure très reconnaissante et très humble face à elle.

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« On est dans un principe créatif qui nous embarque chaque jour vers une nouvelle histoire, qui est unique »

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Pouvez-vous nous parler de l’Hôtel 128 ?

On est dans un principe d’engendrement. Il y a eu cette résurrection, qui est une certaine forme de renaissance. Et de là, une entité s’est élevée. Pour moi, ces bâtiments, ce lieu, sont une entité. On a commencé par les murs extérieurs. Pour moi, peindre ces murs, c’était comme se tatouer la peau ou se maquiller. Le bâtiment de l’Hôtel 128 représente tout autre chose. En 2016, on était enfermés sur nous-mêmes, ça a été un travail de gestation. En 2017, avec la première ouverture au public, j’ai vraiment eu la sensation, en ouvrant le site à tous, d’une mise au monde. Peindre dans l’Hôtel 128, ça a été le travail pour faire partir le « cœur ». Avec le premier artiste qui est rentré dans la première chambre, ce cœur s’est réveillé. À lui et chaque artiste venu après lui dans l’Hôtel, j’ai expliqué : « Ton travail va greffer une artère à ce cœur ». Et par leurs talents, qu’ils ont « expirés » dans les chambres, ils ont « inspiré » une sorte d’oxygène au cœur ;  ils ont activé la « pompe à régénération » de ce lieu.

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« Dans cet espace-là, on est libre et seul, face à notre liberté »

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Nous sommes aujourd’hui, en 2018, dans une continuité de bon sens et de justesse. À chaque fin de millésime, j’écris le livre de l’Hôtel 128, édité en tirage limité et numéroté à 1280 exemplaires, qui est comme le « Journal Intime » de la tranche de vie du millésime et des œuvres réalisées durant cette période. Ces ouvrages sont des témoins, des porteurs de mémoire. À chaque fin de saison, ils sont remis aux souscripteurs lors d’une rencontre exceptionnelle avec les Street Artistes qui présentent leurs œuvres et dédicacent les pages du livre consacrées à leurs chambres. Ce Millésime 2018 résonne comme une forme d’ « Excellence ». Street Art City, comme un temple chargé d’offrandes, accompagne le public vers un « pur essentiel ».

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Street Art City est ouvert 7 jours sur 7, de 11 heures à 19 heures, sans interruption.

Pour bien vivre cette immersion artistique époustouflante, il est fortement conseillé d’arriver dès l’ouverture. Un Food-Truck est présent sur place pour vous restaurer avec de délicieux hamburgers gastronomiques.

La Saison 2018 sera clôturée le 4 novembre prochain, avec réouverture exceptionnelle du site le 10 novembre pour les personnes qui auront souscrit au livre du Millésime 2018 (vous pouvez encore souscrire) et uniquement sur invitations.  

Renseignements et souscriptions 06 44 95 59 86 ou contact@street-art-city.com

Street Art City 03320 Lurcy-Lévis – Coordonnées GPS : 46.72 N / 2.92 E

https://www.street-art-city.com/

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« Wild Washing » : une exposition engagée du graffeur Kalouf

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Par Michel Fily, le 11 septembre  2018

Né en 1978 au Gabon, Pascal Lambert Alias « Kalouf » réside et travaille actuellement à Lyon, au sein du collectif BLAST (Romain Lardanchet pour les volumes et la 3D, Kalouf au dessin et au graff, et Julien Menzel (MRZL) pour la lumière et la  scénographie). De projets collaboratifs (ACC, LES 3 BARONS, BLAST) aux œuvres en solo, en passant par le Street Art 2.0 (anamorphoses, maping vidéo…), Kalouf a réalisé de nombreuses fresques de très grandes dimensions, très connues comme ses poissons combattants japonais, sur les murs des villes de France, mais aussi à l’étranger… De ses jeunes années gabonaises, il a gardé une sensibilité exacerbée à l’égard des arts africains et de la nature. Ce sujet récurrent donne une dimension engagée à son travail et qui sous-tend un discours sur les égarements néfastes et irresponsables de nos contemporains. La culture Hip-Hop et l’univers des comics américains font également partie de ses sources d’inspiration. Ses différentes compositions tantôt fantastiques, tantôt hyperréalistes conduisent aujourd’hui l’artiste à mêler dans son travail ce scrupuleux souci du détail couplé au côté plus brut et graphique du graffiti. D’un naturel plutôt discret qui contraste avec ses œuvres souvent poignantes, l’artiste aime travailler en extérieur pour interagir avec son public.

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Comment est née l’exposition « Wild Washing » ?

Mes convictions personnelles et mon attachement pour les animaux sont à l’origine de ce projet. J’ai grandi en Afrique. Mon père était zoologue, il récupérait toutes sortes d’animaux blessés que les gens lui apportaient pour les soigner. Quand nous sommes rentrés en France, il a continué à travailler dans le domaine des forêts. J’ai donc reçu une éducation très marquée par l’amour de la nature. Je dessine depuis l’enfance. Lorsque j’ai commencé à graffer, je peignais surtout des personnages, mais depuis quelques années je travaille de plus sur le thème animalier. Et lorsque le centre d’art urbain SUPERPOSITION m’a proposé une exposition Solo à la galerie d’art urbain SITIO, je me suis dit que c’était l’occasion de traiter de ce sujet.

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L’association SUPERPOSITION transforme l’espace urbain en véritable scène artistique. Ce collectif met un point d’honneur à promouvoir les artistes émergents, revaloriser l’espace urbain, afin de fédérer la population locale et lui permettre de se réapproprier son environnement. Superposition a récemment élargi le prisme de ses activités avec la création de SITIO, un nouvel espace transdisciplinaire de 200m² dédié aux cultures urbaines ! SUPERPOSITION est heureuse de débuter sa saison culturelle 2018/2019 avec le solo-show «Wild Washing» du Street Artiste KaloufÀ travers son exposition «Wild Washing», Kalouf dénonce les pratiques d’« écoblanchiment » menées par les grandes compagnies et leurs impacts sur la faune et la flore. Au programme : une série d’oeuvres inédites sur bois recyclé, une oeuvre augmentée, une édition textile aux couleurs de l’artiste et des surprises !   

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Quel message veux-tu faire passer à travers cette exposition ?

Je veux amener le public à réfléchir à la façon dont l’homme vit aujourd’hui, dont il consomme et à l’impact de cette consommation sur la planète. Je constate que les gens vivent avec cette situation sans trop y penser et ça m’attriste. C’est un message de colère et d’alerte, parce que je pense aux générations futures…

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Extrait du texte écrit par Kalouf pour illustrer l’exposition :« À l’heure actuelle, les ressources de notre planète s’amenuisent, l’humanité vit à crédit, « l’âme » originelle des plus anciennes forêts du monde disparaît, broyée par une société de consommation abrutie et sans aucun avenir… Les pressions et agissements des multinationales sont les causes de disparitions de nombreux écosystèmes. “Wild Washing” dénonce ce véritable massacre environnemental… Sommes-nous capables de remettre en cause nos modes de consommation? Comment faire de cet enjeu, qui conditionne tous les autres, un enjeu prioritaire ?… Comment préserver chaque insecte, chaque être vivant avec son utilité pour sauvegarder notre environnement naturel qui est indispensable à notre survie… voilà le défi le plus important de l’humanité. »

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Peux-tu me parler des techniques que tu as utilisées ?

Je peins traditionnellement sur les murs et j’affectionne donc principalement les bombes aérosol. Pour les formats, plus petits, destinés à cette exposition, j’ai conservé une base de peinture à la bombe, puis affiné à l’aérographe. Et pour certains tableaux, j’ai utilisé aussi de l’acrylique, du feutre, des marqueurs, du stylo et des crayons de papier. Un mélange de nombreuses techniques avec en priorité de l’aérosol et de l’aérographe.

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Qu’en est-il des matériaux ?

Je revendique, bien sûr, le choix de nombreux matériaux de récupération, comme un parti-pris, pour montrer qu’on peut aussi créer en recyclant. En réduisant nos déchets et en redonnant une vie aux matériaux usagés. J’avais déjà peint sur du bois, c’est une matière que j’aime bien et après ma précédente exposition, j’ai commencé à récupérer pas mal de palettes et de planches en bois. J’ai aussi compilé régulièrement des pièces en métal comme des vieux panneaux de signalisation ou des enseignes de stations-service. Il y a aussi des supports en carton, recyclé à partir des cartons de mes bombes de peinture, comme dans une de mes anciennes expos intitulée « TONCAR ». Il y a aussi un peu de béton – matériau atypique – parce que c’est le support naturel des graffeurs…

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Cette exposition a plusieurs marqueurs communs…

 Il y a, d’abord, les petits chapeaux en lévitation, qui sont un peu une deuxième signature et dont j’ai pris l’habitude depuis quelque temps d’affubler mes personnages et mes animaux. C’est ma façon à moi de les humaniser, de les dynamiser et aussi de me les approprier. Ensuite, il y a les codes-barres, parce ces animaux sont des produits de consommation. Le braconnage fait d’eux des produits et leur environnement, leurs cadres de vie sont aussi des produits, comme les forêts tropicales détruites massivement par l’homme. Les codes-barres qui sont graffés sous les orangs-outans portent le nombre « 19991000002015 », parce qu’entre 1999 et 2015, 100 000 orangs-outans ont été décimés dans le monde. Enfin, il y a le symbole de chargement « LOADING » qui, tout en faisant référence à nos sociétés hyperconnectées, représente un compte à rebours avant la catastrophe inévitable, avec par exemple ce chalutier, qui progressivement épuise toutes les ressources de la mer, ou bien sur cet autre tableau un tracteur qui répand des pesticides sur les sols cultivés…Ces symboles proposent au public plusieurs niveaux de lecture de mon travail, tous mis en commun pour renforcer le message que je veux défendre.

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Il y a cependant, dans « Wild Washing », quelques œuvres très atypiques. Des œuvres « rétrospectives » et des œuvres « régressives »…

Oui, il y a, dans cette exposition, quelques travaux issus de séries plus anciennes, comme cette araignée sur béton qui fait partie d’une série sur les insectes que j’ai peinte il y a quelques années. Et il y a aussi un tag du mot « WILD » («  sauvage » en français), où on retrouve le lettrage, qui est la base du travail de tous les graffeurs. J’ai choisi le mot « SAUVAGE » pour sa double signification : la nature sauvage face à l’homme sauvage, au sens négatif du terme. Et aussi parce qu’il désigne ce type particulier de lettrage, qu’on appelle le « Wild Style ». Je ne suis pas un grand spécialiste du lettrage, mais j’avais envie qu’il y en ait un dans l’exposition, pour rappeler aussi que je peins toujours dans la rue…

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Peux-tu nous parler du « maping vidéo » qui est présenté au sous-sol de l’exposition ?

 « L’ENDORMI » est une création de mon collectif, BLAST, que nous avons présenté en 2017 au festival de Street Art ONO’U, à Papeete. Il s’agissait d’un caméléon, que j’ai peint sur un mur et sur lequel un clip vidéo était projeté chaque soir une fois la nuit tombée, pour donner vie à l’animal. Les gens qui n’étaient pas sur place au festival ONO’U n’ont pu voir, jusqu’à présent, que quelques extraits du clip sur Internet. Je voulais le leur montrer en intégralité. Je voulais aussi que cette exposition comprenne une œuvre créée en commun avec mon collectif BLAST. Et aussi, ce caméléon qui porte une ville sur son dos et souffre des changements climatiques colle parfaitement au thème de l’exposition.

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Où en es-tu de ton art? Que penses-tu du Street Art aujourd’hui ?

Je peins de plus en plus d’animaux. C’est une source d’inspiration infinie. Et ce que je cherche aujourd’hui, c’est à donner plus de sens à ce que je fais. Dans la grande famille du Street Art, je fais partie de la branche « graffiti », qui est une branche collective. Je suis naturellement très attaché à cette notion. Mes parents étaient parents d’accueil, je les ai partagés avec d’autres enfants. J’ai toujours fait du collectif et je défends cette famille-là. Et je suis heureux de voir son évolution vers quelque chose de mieux compris … Mais même si j’apprécie beaucoup le fait d’être exposé, ce que je préfère ce sont les murs et c’est peindre dans la rue.

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Quels sont les projets en préparation ?

On est en train de bosser sur un nouveau projet de maping vidéo, une création pour une société privée. Nous sommes également partis en Guyane pour expérimenter de la création virtuelle, à l’aide d’un nouveau logiciel en réalité virtuelle intitulé « KINGSPRAY », en essayant de voir comment cet outil peut être utile à la jeune génération de graffeurs, qui n’ont pas de gros moyens pour acheter du matériel, à s’entrainer virtuellement. Je prépare aussi une exposition près de Tours, pour le mois d’octobre, en commun avec un ami chorégraphe de Hip Hop qui s’appelle Olivier Lefrançois. Il organise des conférences dansées et j’ai fait plusieurs ateliers « graff et danse » avec lui. Je prépare aussi un « live painting » à la fin du mois de septembre à l’hôtel IBIS de la Part Dieu. Enfin, mon collectif, BLAST, va déménager pour installer notre nouvel atelier dans les murs du collège Truffaut, sur les pentes de la Croix Rousse. Nous projetons d’y organiser quelques évènements, dont une prochaine exposition de grands formats…

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