« Une œuvre perpétuelle qui va vivre, tel un phœnix en constante résurrection » : Street Art City, Millésime 2018

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Par Michel Fily, le 21 septembre  2018

10 hectares, 13 bâtiments, 7 000 m2 construits, 22 000 m2 de murs et façades, un hôtel de 4 étages et 128 chambres… Au cœur de l’Auvergne, un site unique, pérenne, entièrement dédié au Street Art, un territoire ressource incontournable, au rayonnement international.

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Urban Street Art Urbain a reçu, pour sa première venue en France, le Street Artiste mexicain SUNE NESU et l’a accompagné lors de sa réception en résidence artistique à Street Art City. L’occasion d’une rencontre exceptionnelle avec l’âme de ce lieu hors du temps, Sylvie Iniesta.

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Pouvez-vous nous parler de la genèse de Street Art City ?

Ce site était un centre régional de formation des PTT. Fermé en 1992, il était abandonné depuis. Nul ne se préoccupait de son sort, ni de sa destination future. En 2003, mon mari Gilles et moi sommes revenus dans notre village et avons eu l’opportunité de racheter le site à France Télécom. Abandonné depuis longtemps et à cause de la taille du site, ce lieu n’était pas simple à réhabiliter. La nature reprenait inexorablement ses droits, fissurant les bâtiments, qui semblaient pourtant refuser de se résoudre à disparaître…

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Alors, nous avons décidé d’apporter bienveillance et protection à cet endroit, jusqu’à littéralement camper sur les lieux, à partir du printemps 2012. Pendant trois années, quotidiennement, inlassablement, je me suis promenée sur ce site avec mon petit chien Bijou (devenu aujourd’hui la mascotte de Street Art City), en cherchant le moyen de le faire revenir à la vie. Pendant trois années, j’ai « porté » ce lieu, comme un enfant à naître…

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Et c’est là que j’ai touché quelque chose qui est un peu de l’ordre de la « Grâce », parce que ne venant pas du tout de ce milieu et n’ayant aucune connaissance dans ce domaine, le 22 janvier 2015, à 17h05, j’ai reçu l’information. J’ai vu les bâtiments comme un corps en mort clinique et j’ai vu le « leurre » de cette mort. J’ai vu l’âme intérieure prête à rayonner de nouveau et j’ai été transpercée par une évidence : « C’est ce que l’on voit sur les périphériques, en ville, sur les trains et les métros… Je ne sais pas comment ça s’appelle ? Des tags ? Des graffitis ? C’est ça, l’électrochoc de beauté et de lumière qui va relancer le cœur »…

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« Faire de ce lieu cet espace unique qui accueillera l’unicité de chaque individu pour trouver la voie royale par l’expression de cet art urbain qui bouleverse notre quotidien et qui s’ancre dans notre XXIe siècle comme aucun mouvement ne l’a fait au cours de l’histoire de l’Art »   

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Que s’est-il passé ensuite ?

Nous avons contacté quelques premiers collectifs et, immédiatement, j’ai été bombardée d’une multitude d’informations, de signes inconnus jusqu’alors. J’ai appris sur le tas, j’ai appris à écouter, car c’est quand même un monde extrêmement codé, qui vient de la rue, parfois même assez « borderline »… J’ai vraiment été testée universellement et pour que cela puisse être, il a fallu que je sorte de moi-même ma capacité à apporter la protection à ce lieu, dans sa résurrection, sans le stériliser ni le donner en pâture, avec une vraie recherche d’harmonie.

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Et aujourd’hui ?

Ce projet, je le vis et je le ressens comme un principe d’évolution, où des étapes ont été franchies. Où tout, d’un seul coup, s’accélère un petit peu parce qu’on arrive au sommet de la montagne et c’est une sorte de couronnement. Je ne sais pas jusqu’où ce projet va nous emmener, où jusqu’où je l’emmènerai, mais chaque jour qui passe affine son ouverture universelle, en touchant de plus en plus et le plus grand nombre, tout en le peaufinant et le sculptant à l’essentiel. Ce lieu était là bien avant moi et sera là bien après moi. J’essaie juste d’imprimer à son ADN une énergie fondamentale irréversible, pour qu’il soit et qu’il continue d’être. Comme le principe trinitaire de la vie. Pour que dans cent ans, des Street Artistes continuent de venir s’exprimer ici. C’est une sorte de grâce, et je demeure très reconnaissante et très humble face à elle.

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« On est dans un principe créatif qui nous embarque chaque jour vers une nouvelle histoire, qui est unique »

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Pouvez-vous nous parler de l’Hôtel 128 ?

On est dans un principe d’engendrement. Il y a eu cette résurrection, qui est une certaine forme de renaissance. Et de là, une entité s’est élevée. Pour moi, ces bâtiments, ce lieu, sont une entité. On a commencé par les murs extérieurs. Pour moi, peindre ces murs, c’était comme se tatouer la peau ou se maquiller. Le bâtiment de l’Hôtel 128 représente tout autre chose. En 2016, on était enfermés sur nous-mêmes, ça a été un travail de gestation. En 2017, avec la première ouverture au public, j’ai vraiment eu la sensation, en ouvrant le site à tous, d’une mise au monde. Peindre dans l’Hôtel 128, ça a été le travail pour faire partir le « cœur ». Avec le premier artiste qui est rentré dans la première chambre, ce cœur s’est réveillé. À lui et chaque artiste venu après lui dans l’Hôtel, j’ai expliqué : « Ton travail va greffer une artère à ce cœur ». Et par leurs talents, qu’ils ont « expirés » dans les chambres, ils ont « inspiré » une sorte d’oxygène au cœur ;  ils ont activé la « pompe à régénération » de ce lieu.

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« Dans cet espace-là, on est libre et seul, face à notre liberté »

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Nous sommes aujourd’hui, en 2018, dans une continuité de bon sens et de justesse. À chaque fin de millésime, j’écris le livre de l’Hôtel 128, édité en tirage limité et numéroté à 1280 exemplaires, qui est comme le « Journal Intime » de la tranche de vie du millésime et des œuvres réalisées durant cette période. Ces ouvrages sont des témoins, des porteurs de mémoire. À chaque fin de saison, ils sont remis aux souscripteurs lors d’une rencontre exceptionnelle avec les Street Artistes qui présentent leurs œuvres et dédicacent les pages du livre consacrées à leurs chambres. Ce Millésime 2018 résonne comme une forme d’ « Excellence ». Street Art City, comme un temple chargé d’offrandes, accompagne le public vers un « pur essentiel ».

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Street Art City est ouvert 7 jours sur 7, de 11 heures à 19 heures, sans interruption.

Pour bien vivre cette immersion artistique époustouflante, il est fortement conseillé d’arriver dès l’ouverture. Un Food-Truck est présent sur place pour vous restaurer avec de délicieux hamburgers gastronomiques.

La Saison 2018 sera clôturée le 4 novembre prochain, avec réouverture exceptionnelle du site le 10 novembre pour les personnes qui auront souscrit au livre du Millésime 2018 (vous pouvez encore souscrire) et uniquement sur invitations.  

Renseignements et souscriptions 06 44 95 59 86 ou contact@street-art-city.com

Street Art City 03320 Lurcy-Lévis – Coordonnées GPS : 46.72 N / 2.92 E

https://www.street-art-city.com/

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