« Be Disturbed » : SNEK, un talent hyperactif et débridé

Par Michel Fily, le 27 septembre  2018

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Samuel Martinek aka SNEK (contraction de son prénom et son nom) est un enfant de la campagne. Il ne connaissait rien à l’art urbain ni au graffiti jusqu’en 2016, lorsque Street Art City s’est offert à lui comme une bouffée d’oxygène. Depuis, il n’a cessé d’expérimenter son art en multipliant les techniques, les supports et les inspirations thématiques, dans le cadre de résidences artistiques successives. 

Urban Street Art Urbain a eu le privilège de rencontrer ce Street Artiste hors normes, bouillonnant de talent et incroyablement prolifique…

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Parle-nous tout d’abord de ta rencontre avec Street Art City…

Je les ai connus à l’aube de leur gigantesque projet, en 2015. En tant qu’artiste local non reconnu et pas issu du Street Art, j’y ai vu une opportunité nouvelle de créer librement et sans carcans. Je dessinais, je peignais, j’avais fait quelques pochoirs pour des affiches de groupes, des performances graphiques sur des concerts, quelques fresques chez des particuliers… Mais, dans mon village, je n’avais aucune expérience de l’univers Street et je n’avais jamais eu l’occasion de créer sur des murs.

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Street Art City t’a donc offert tes premiers murs…

Pas immédiatement. Ils m’ont dit : « On a de nombreux murs, mais on ne va pas t’en donner un tout de suite ». Ils m’ont fait faire un petit bout d’essai dans une montée d’escalier de l’Hôtel 128. Le graffeur ZESO et Sylvie Iniesta, propriétaire de Street Art City, sont venus voir et, à ma grande surprise, ils ont dit : « C’est cool, ce que tu fais » et ils m’ont proposé d’aménager la bibliothèque du bâtiment principal, des murs au plafond. J’ai travaillé sur ce projet durant plusieurs mois et j’ai pu ainsi croiser de nombreux Street Artistes en résidence et me confronter à leurs univers et à leurs visions. Parce que j’étais sur place, on m’a proposé, comme aux autres artistes, d’illustrer les futurs dossiers qui allaient être distribués aux professionnels. Et à la suite de ces illustrations, Sylvie m’a dit : « Tu maitrises bien les petits formats. Pars de chez nous avec des châssis et des petites toiles et peins. On exposera tes tableaux à la galerie ». À l’époque, je faisais surtout des têtes, atrophiées ou éclatées, d’où s’échappaient ou s’écoulaient des formes nébuleuses ou liquides… Je suis très « cérébral » (rires). Et hypersensible aussi.

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Quelles sont tes influences ?

C’est un mix entre le réalisme et la bande dessinée. J’ai fait des études d’art appliqué et de verrerie, qui ont occasionné beaucoup d’heures de dessin. J’ai une bonne culture de l’histoire de l’art. J’aime beaucoup le travail de perspectives… J’ai un petit côté « hétéroclite », en réalité. Je pioche dans toutes ces connaissances et ces expériences pour créer. Et je finalise les choses sur du long terme…

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Après les petits tableaux, Street Art City t’a proposé de travailler sur d’autres supports ?

Oui, j’ai illustré des pochettes de disques, des bombes de peintures et j’ai aussi fait un projet sur des cartouches et des paquets de cigarettes. Une partie de ces œuvres est toujours exposée dans la galerie et je continue d’en faire de temps en temps. J’ai aussi réalisé une œuvre à deux mains avec le graffeur KELKIN, sur l’une des portes de la galerie.

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Tu es le seul artiste à avoir deux chambres dans l’Hôtel 128…

Lorsque Street Art City m’a proposé de réaliser ma première chambre, mon univers était encore très hétéroclite. J’ai choisi la chambre 73, en référence à mon année de naissance et j’y ai jeté un univers foisonnant, entre civilisations antiques et destruction moderne, avec comme slogans « Soyez perturbés ! » et « L’homme est un virus ». J’ai vécu mon immersion dans cette pièce comme un moine. J’ai toujours eu une attirance pour les personnages religieux et les ermites. Cette résidence artistique, le fait que nous n’avons à nous préoccuper de rien d’autre que de notre peinture, c’est un travail de moines enlumineurs. On est seul dans notre chambre. On nous appelle pour manger. Après le repas on retourne peindre, parfois jusqu’à la nuit… On est face à soi-même. C’est une expérience très forte. J’ai tout peint dans la pièce, du sol au plafond. Ça a été un déversoir. C’est la première chose qui a frappé les gens, ce foisonnement. J’avais besoin de faire sortir plein de choses de moi-même et c’était la première fois que je pouvais vraiment m’exprimer, après une période de gros doutes où j’avais failli arrêter la peinture…

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La rencontre avec les souscripteurs le jour de l’inauguration du livre de l’Hôtel 128 a été une expérience nouvelle pour moi, parce que je ne suis pas quelqu’un qui aime trop les compliments ni me mettre en avant… Je ne sais pas très bien me « vendre » et pourtant toutes les toiles de la première pièce ont été vendues… C’est à cette époque que je me suis progressivement tourné vers l’univers d’Hokusai, le grand peintre japonais, et en particulier vers ses petits personnages qui peignent. Et j’ai décidé de leur faire peindre du Street Art. Lorsque Street Art City m’a proposé la deuxième chambre, j’étais ravi et j’ai décidé de mettre en scène ces personnages sous forme de moines Shaolin en mouvement, avec des bombes de peinture, en mêlant l’art du combat avec l’art tout court. Et c’est déjà un succès puisque la toile centrale de la pièce est d’ores et déjà vendue.

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Entre temps, tu as eu d’autres projets en dehors de Street Art City ?

Oui, d’abord un projet avec le Guide du Routard, dont j’ai illustré la tranche d’édition dédiée au pays bourbon. Ce qui fait de moi le premier artiste à avoir illustré un Guide du Routard. J’ai aussi participé à un projet urbain de la ville de Montluçon, sur des containers de recyclage de verre, l’une de mes premières œuvres à vraie dimension « Street » (même si elle n’est pas en mode « vandale »), parce qu’elle est dans la rue…

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Que penses-tu de ton succès et où en es-tu de tes rêves ?

Beaucoup de gens me parlent de succès et me disent « Bravo, tu as réussi ». Mais ils se trompent. Je ne suis qu’au début du parcours, de mon point de vue. J’apprends tous les jours, je fais mes « petits pas ». Et chacun de ces pas est essentiel.

SNEK, en bon enfant de la campagne, n’a pas de compte Facebook et n’est pour l’instant pas sur les réseaux sociaux. Pour le rencontrer ou voir son travail, il faut simplement se rendre à Street Art City.

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