« Peindre une spiritualité ouverte qui appartienne à tous »: l’art solaire d’INTI

Par Michel Fily, 30 avril 2019

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Dans la mythologie inca, Inti est la manifestation du soleil. C’est une force divine reconnue par tous les peuples des Andes. Selon cette mythologie, il est le fils de Viracocha, dieu de la civilisation inca. Il est représenté par un disque solaire à face humaine. Contrairement à ce qui a été parfois écrit, INTI n’est pas le pseudonyme de l’immense muraliste qui réalise en ce moment l’une des plus grandes fresques du festival Peinture Fraiche, à Lyon. C’est le prénom choisi pour lui par un père à l’instinct prémonitoire. Rencontre avec un artiste solaire.

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Bonjour INTI, peux-tu te présenter aux lecteurs ?

C’est difficile. Cela équivaut à me mettre dans un cadre et je n’aime pas ça. Je préfère que les gens définissent par eux-mêmes mon travail et ma personne. Je suis né au Chili. Je vis un peu partout, mais mon studio et ma maison sont à Barcelone aujourd’hui. C’est une ville très intéressante, où vivent de nombreux artistes. J’ai choisi l’Espagne parce que j’ai cherché un lieu de vie qui soit moins cher que Paris, avec une bonne ambiance entre les gens et près de la mer. Une ville avec un climat ensoleillé et un aéroport international pour que je puisse avoir une connexion avec le monde entier. Et il fallait aussi une langue latine, facile à apprendre, comme l’Espagnol. Mais j’aurai pu choisir l’Italie…

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Depuis combien de temps es-tu muraliste ?

Ça aussi, c’est un cadre. Je ne sais si je suis muraliste ou pas. Je fais juste mon travail, je fais ce qui me plait. J’avais 13, 14 ans la première fois que j’ai pris une bombe et commencé à faire des choses dans la rue. Si c’est de l’art, du graffiti, du muralisme, je m’en fous. C’est tout le temps en train de changer, donc me mettre dans une boite ne m’aiderait pas à continuer et à explorer différentes choses.

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Quels sont tes techniques et supports créatifs?

Je fais de la toile et j’expose parfois des tableaux. Je ne suis pas à fond dans les galeries, mais il faut le faire pour vivre de son art. J’ai fait des essaies avec des installations et des sculptures, comme à Paris, il n’y a pas très longtemps. Pour la technique, je n’utilise pas de bombes! Je peins au pinceau, aux rouleaux, avec mes doigts, avec des t-shirts sales, avec mes cheveux… Toujours avec de l’eau. J’utilise de l’acrylique à l’eau. D’abord, parce que les bombes contaminent l’environnement. Ensuite, parce qu’elles sont difficiles à trouver dans certains pays et ça peut bloquer le travail, alors qu’on trouve de la peinture n’ importe où. En plus, ça donne la possibilité de jouer plus avec les textures et de créer beaucoup plus de couleurs qu’avec le spray. Il y a environ 200 couleurs existantes de bombes, alors que l’œil humain est capable de voir 3 millions de couleurs ! Cela fait une vraie différence, surtout par rapport à la taille des murs que je peins. Ça n’aurait aucun sens d’utiliser des sprays sur 30 mètres de haut.

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Quelles sont tes influences, artistiques ou autres ?

Je ne citerais pas d’artistes, mais plutôt des œuvres que je trouve  incroyables. Je pense par exemple au travail de Conor Harrington, à Miami. Je pense à Aryz, qui est toujours en train de chercher de nouvelles esthétiques. Au mur de GLEO qu’elle a fait aux USA pendant trois mois. Des choses que je vois aujourd’hui et qui m’inspirent. Je pense que ces artistes sont à la pointe du mouvement. Un mouvement dans lequel il y a toujours des gens qui sont en train de faire de nouvelles choses. Comme les travaux d’Axel Void. Ce sont des artistes qui vont au-delà des frontières de ce qui a déjà été fait. En dehors des influences purement artistiques, les cultures originelles du monde m’ont permis d’ouvrir les yeux. Il ne s’agit pas d’art muséal, mais du travail manuel des gens, de leur artisanat local et des histoires qu’il raconte. Parfois, dans une chose simple comme un morceau de tissu, il y a, gravé, toute l’histoire d’un peuple. Cela a beaucoup de sens pour moi. Lorsque je voyage, j’essaie de comprendre les cultures des pays que je visite.

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Tes origines et ta culture chilienne t’accompagnent-elles dans ce que tu fais aujourd’hui ?

Depuis que j’ai quitté l’Amérique latine, je me ressens plus comme un latino Américain que comme un Chilien. Lorsque tu commences à comprendre ce qu’est vraiment ton identité, tu ne peux pas la réduire aux frontières politiques d’un seul pays. Il y a d’autres types de frontières, par exemple le continent duquel je viens… Je me sens aujourd’hui plus proche des Mexicains que de personnes originaires du Chili. Lorsque je voyage en Europe, en Asie ou n’importe ou dans le monde, je ressens une profonde différence culturelle. Je me vois à travers les autres et je sais que je suis latino-américain.

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Ce latino-américanisme influence-t-il ton art ?

Beaucoup, même si je ne le voulais pas. D’abord, dans les couleurs et dans la façon de dépeindre ce qui est sacré. Nous partageons tous la même histoire, depuis le Mexique jusqu’au Chili. Les mêmes périodes de dictatures, les mêmes civilisations, le même héritage des cultures antiques précolombiennes et le même mixage avec les cultures occidentales. Ce partage fait partie de moi et il traverse mon travail. C’est la même chose pour la religion. Je ne suis pourtant pas religieux du tout, je me considère comme antireligieux. Quant à la foi, je dirais que je suis plus proche de la spiritualité que de la croyance. Je pense que notre cerveau est capable de faire beaucoup de choses si l’on y croit. Cela ne veut pas dire que c’est de la magie. C’est juste les habilités du cerveau qui sont incroyables.

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Tes personnages ressemblent pourtant à des icônes…

Ce sont des icônes. Elles portent en elles quelque chose de l’ordre du sacré. Mais le sacré dont je me préoccupe n’est pas de savoir si Dieu existe ou pas, s’il existe une force qui peut casser les lois de la physique. La science propose des réponses vraiment très intéressantes. Plus intéressantes pour moi que celles que proposent les religions. Et cela me permet d’avoir une vie spirituelle, même sans religion. On s’est habitué à l’idée que la spiritualité appartient à la religion, mais ce n’est pas vrai du tout. On peut être spirituellement connecté, avec le monde, avec la nature, sans la nécessité d’avoir une institution derrière cette connexion.

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Il y a une constance de couleurs dans ton travail, le violet, le jaune orangé, une couleur très solaire…

En Amérique latine, on ne craint pas d’utiliser les couleurs. On n’a pas peur de mélanger un jaune pistache avec un rouge vif. Ça fait partie de notre culture. Comme dans les carnavals. On est habitué à la présence des couleurs dans notre vie. Pour les artistes latino-américains, le challenge serait plutôt d’accepter d’utiliser des couleurs nuancées. On était justement en train d’en parler avec GLEO (autre artiste invitée du festival Peinture Fraiche), qui est colombienne. Elle aussi a commencé sa carrière avec des couleurs très vives et on se disait que c’est un vrai défi d’accepter de peindre avec des couleurs plus pastel. Cela a un rapport fort avec notre culture, avec le climat là-bas. C’est en nous, ce n’est pas exagéré ni fait exprès pour représenter l’Amérique latine. En ce qui concerne mes couleurs, je fais moi-même mes mélanges, donc le jaune orangé, le violet sont toujours différents. Ce jaune signifie la présence, le contraste avec le monde. Et le violet, c’est le sacré désacralisé.

Tes personnages ont souvent les yeux fermés ou cachés…

Le personnage que je peins ici, à Peinture Fraiche, a des fleurs sur les yeux. C’est peut-être que les personnages qui ne regardent pas paraissent être dans la réflexion.

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Ils sont souvent debout, comme des icônes…

Ça, c’est fait exprès. Je recherche souvent le côté frontal. Pas toujours. Parfois, je fais des personnages plus en rapport avec le carnaval et le côté festif, mêlé lui aussi avec le sacré. En Amérique latine, on ne sépare jamais la fête du sacré. Mes autres personnages, comme celui que je peins aujourd’hui, sont frontaux, c’est en rapport avec l’identité. Quand quelqu’un se fait arrêter, la police lui demande de se tenir droit, de front, quand ils le prennent en photo. Cela donne plus de force et plus d’impact sur le regard des gens.

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Que souhaites-tu transmettre aux gens qui regardent ton travail ?

Je n’ai pas d’exigence, ni d’idée préconçue. J’aime la science. Je préfère donc les questions aux réponses. Lorsque quelqu’un m’aborde avec des réponses toutes prêtes, je le fuis ou je me moque de lui. Avec mon travail, j’essaie tout le temps de poser des questions. J’y inscris ensuite des éléments en rapport avec mon histoire par rapport au lieu et par rapport à ce qui se passe pendant que je peins. Je démarre toujours avec une composition et à la fin je rajoute des éléments. C’est un jeu qui fait sens pour moi. Mais j’aime que les personnes aient leur propre interprétation de mon travail.

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Est-ce que tu as une anecdote de rencontre avec ton public qui t’a marquée ?

Tout le temps. Les gens me demandent « qu’est-ce que ça veut dire ? ». Je leur réponds « qu’est ce que vous vous voyez ? ». Écouter les réponses, c’est ce qu’il y a de plus intéressant. Les gens sont vraiment créatifs. Ils ont parfois des idées meilleures que les nôtres ! (Rires) À Paris, j’étais en train de faire une sorte de Madone qui jouait avec une pomme. Un passant m’a dit « ah, c’est Newton ». J’ai trouvé cette idée incroyable. Alors j’ai commencé ajouter plein de petits éléments liés à la science et j’ai finalement écrit la lettre G (initiale du mot « gravité ») sur la pomme, pour faire référence à la pomme de Newton et à l’histoire de la science.

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Que penses-tu de l’évolution du Street Art ?

Le Street Art d’aujourd’hui s’est prostitué! On a effacé les frontières entre l’art et le commercial. Et c’est devenu normal. Avant, lorsqu’un artiste acceptait qu’on utilise son travail pour des marques ou de la publicité, il était critiqué. Aujourd’hui c’est devenu normal. C’est plutôt « ah oui, tu as fait un travail avec Adidas, c’est cool ! ». Le Street Art était à l’origine un mouvement de résistance, qui allait à l’encontre de la commercialisation de l’espace public. Nous voulions ouvrir cet espace pour y faire quelque chose de différent. On a complètement perdu cette idée et je vois que les nouvelles générations s’en fichent.

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Je comprends ce que tu dis, mais il y a également des jeunes qu’ils veulent vivre de leur art et les galeries ne s’ouvrent pas facilement à tous…

Si un jeune artiste émergent a besoin de faire un peu de business pour vivre, je suis complètement d’accord. J’ai des amis qui le font et je l’ai fait moi-même. Mais il y a des artistes qui n’ont pas besoin d’argent, qui sont déjà connus, mais qui choisissent de travailler pour ceux qui payent plus en faisant exactement ce qu’on leur demande. Même si c’est aussi kitch qu’un dauphin en train de sauter dans les vagues avec un coucher du soleil derrière lui. Ils n’ont aucune intention de faire de l’art pour être utiles. Le Street Art est un outil puissant et on est en train de louper ça complètement quand on prend des murs pour faire de la décoration.

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Tu penses que cela peut détruire le processus ?

Non, ça ne va pas suffire pour le détruire. Parce que dans la nouvelle génération, il n’y a pas que des artistes sans scrupules. C’est juste que ça fait peur, parce que c’est devenu normal. Heureusement, il y a beaucoup de nouveaux artistes qui sont vraiment engagés socialement et qui veulent changer les choses. GLEO, qui a 8 ans de moins que moi, est vraiment connectée avec ces sujets, c’est quelqu’un qui pense ce qu’elle fait et ça fait plaisir à voir. Le mouvement du Street Art ne disparaitra pas, mais je pense qu’il va se séparer en plusieurs mouvements. Cela se produit déjà. Je ne sais pas combien de chemins il y aura, mais il faudra trouver de nouveaux mots pour les définir. Le mot Street Art veut déjà dire plusieurs choses différentes aujourd’hui.

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Est-ce que tu considères ton art comme politique ?

Tout est politique. Bien sûr, j’essaie de faire un art politique. Mais je ne traite pas le sujet directement. Je préfère être un peu plus subtil. Je ne choisis pas par exemple de traiter de sujets dont tout le monde parle à la télévision, juste parce que ça me donnerait plus de « Likes » sur les réseaux sociaux. Je suis peut-être en train de faire quelque chose qui ne va pas changer la réalité d’aujourd’hui, mais peut-être que mon art apportera quelque chose aux générations futures. Il y a des gens en Amérique latine qui parlent de mon travail comme d’une espèce d’ambassadeur de notre culture. Ça ne me plait pas trop. Même si je travaille beaucoup le sujet des Indiens et du mélange des cultures. Mais je ne veux pas rentrer dans un schéma spécifique qui m’empêcherait de trouver d’autres sujets. Je joue avec le syncrétisme culturel. L’Amérique latine est un mélange de cultures qui n’ont rien à voir les unes avec les autres et qui créent un résultat vraiment surréaliste. C’est cet esprit qui m’inspire dans mon travail. Je joue avec tous ces petits morceaux de cultures pour faire un grand patchwork surréaliste, de choses qui ne vont pas vraiment ensemble, mais que je réussis à mélanger.

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Qu’est ce que tu penses de ton succès et où en es-tu de tes rêves ?

J’aimerais bien avoir plus de liberté pour faire mon travail. C’est le rêve de tous les artistes.  C’est un peu un cliché, mais je voudrais gagner plus de respect, je voudrais que les gens aiment ce que je fais, pour avoir plus d’espace, pour dire plus de choses. Et ne pas être contraint par le travail dans la galerie. J’aimerais bien ne faire des toiles que si ça me plait et pas parce que j’en ai besoin. Il y a des gens cool qui achètent des toiles et qui investissent dans l’art et ça te permet d’aller dans la rue et de ne pas penser a l’argent, mais j’aimerais me sentir libre de ça et juste faire des voyages et prendre le temps de rencontrer et d’apprendre à connaitre les gens dans les lieux où je veux peindre. Et réaliser vraiment quelque chose qui fait sens.

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Y a-t-il encore un pays où tu n’es pas allé peindre ?

De nombreux pays. L’Afrique subsaharienne par exemple, ou l’Indonésie, sont des lieux où je voudrais aller peindre. Il y a beaucoup à découvrir là-bas.

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Si j’étais le génie de la lampe d’Aladin et que tu pouvais choisir un lieu fou ou peindre, lequel choisirais-tu ?

Notre Dame. Elle a brulé et tout le monde s’est senti mal, parce que ça fait partie de la culture occidentale. Notre Dame appartient à tout le monde en France. C’est pour cela que je voudrais y peindre. Pour resignifier son caractère religieux en le transformant en religion non religieuse. En une spiritualité ouverte, qui appartienne à tous.

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https://www.facebook.com/pg/INTI.artist/

https://www.instagram.com/inti_cl/?hl=fr

Festival Peinture Fraiche, 10 jours, 70 artistes, 12 pays. Du 3 au 12 mai 2019, à la Halle Debourg, 45-47 Avenue Debourg, 69007 Lyon (Métro,Tramway, arrêt Debourg).

 https://www.peinturefraichefestival.fr

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Large scale Anamorphic Art, with an urban twist: the amazing Street Art of TRULY

By Michel Fily, April 25, 2019

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Truly‘s anamorphic artwork slowly takes shape from the first encounter between its founders, all italian graffiti artists, active since the late 90’s. Practicing in train yards, abandoned factories and suburbs led the crew to constant experimentation and to a progressive detachment from primitive forms of graffiti and street art. The collective now focuses fully on figurative and abstract anamorphic art. Using perspective, this practice generates surreal 3D images, which merge with its surrounding environment. Urban Street Art Urbain interviewed lately this incredibly talented crew.  

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Hello, can you introduce yourself and your studio?

We are the collective Truly Urban Artists. We started doing Graff together twenty years ago, gradually focusing our artistic production on large scale Anamorphic Art, with an “urban” twist. In the meantime (precisely in 2007), we founded a visual communication studio – Truly Design Studio – which specializes in bespoke mural art, anamorphic art, branding, and custom graphic design and illustration.

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What triggered your artistic career?

It was definitely Graffiti and Street Art which spurred in us an already burgeoning, pre-existing passion for drawing and art. Taking your work out in the public is an important step which compels you to receive feedback and focus on other people’s perception and comprehension of your artwork. The satisfaction of completing a piece, as well as the notoriety and reactions we got from our art, got us hooked instantly.

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Tell us about your inspirations and influences?

Our studies and research have led us to gain insight on a vast artistic panorama, starting from classical ancient art all the way to contemporary phenomena like Graphic Design and Urban Art. Our main focus as an artistic collective, Anamorphic Art, brings us to the times of the Renaissance, where we find many of our references: Leonardo Da Vinci, Luca Pacioli, and further on all the way to contemporary masters Felice Varini and Georges Rousse.

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What are your techniques and creative media?

We always start from pencil and paper, finalizing most of our designs digitally. As for painting, we either use mural acrylic paint or spraypaint.

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Tell us about Street Art in your country…

Being a country with an immensely rich artistic tradition, Street Art in our country (Italy), since its first appearances, was always very much influenced by the many currents which have crossed the territory over millennia and which can still be clearly seen in our cities. Finding references to ancient Roman Art in Street Art is as common as chancing upon aesthetic influences deriving from Graphic Design. Street Art and Graffiti boomed here in the Nineties, becoming quite a large phenomenon and attracting youths transversally from all backgrounds. They now are recognized forms of art: festivals and neighborhood renewal projects have been transforming cities; acknowledgement of these art forms by institutions and the general public have even been creating the possibility for many of us to make a job out of our greatest passion. The current panorama is very vast, with many people still choosing to operate in total anonymity and illegality juxtaposed to those who now aim at getting their name and face very much known to everyone, a total overturning of the modality with which Urban Art is mostly taken on at first by youths.

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How are you recognized as an artist there?

We have been on the graffiti scene for twenty years, so many other artists know us as “old school” graff writers. Among a broader public, we are known as one of the most experienced artistic identities in the field of Anamorphic Art.

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Tell us about your relationship with the public…

Ever since we started painting walls legally and in broad daylight (from the early nineties), the public and the feedback we collected whilst painting on the street have been and continue to be essential for us in order to learn what “ordinary people” make of street art, and trying to go the extra distance by creating something more “legible” for everyone.

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What message are you trying to convey through your works?

Amazement, bewilderment, joy, creativity. Through our Anamorphic Art we love to push the boundary between reality and artificial space and perspective, by creating something which exists thanks to scientific and physical principles mingling with our senses and the way we perceive reality. When we get to the point where people are doubting and questioning their senses, it means we hit the nail.

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Is it easier or more difficult to be a graffiti artist than to be a painter?

Whilst it is possible for a Graffiti artist to be a painter, it is not so for the other way around, in the sense that Graffiti can “adopt” the aesthetics of traditional painting and transpose its techniques on a larger scale, whereas the opposite makes much less sense, both conceptually and technically speaking. Aside from this reflection, it is technically harder to use spray paint than the vast majority of other pictorial techniques, as is sketching and defining detail on large formats, so overall being a Graffiti Artist is one of a challenge. The two instances in which it is easier to be a painter are not having to paint at extreme temperatures during the winter, and obtaining recognition from the “official” art entourage and consequently make attempts to live off of your art.

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What do you think of the evolution of Street Art today?

As communication speeds up, so does the diffusion of knowledge and images. We are bombarded each day with quantities of images manifold more numerous than those we would have seen in our entire life a mere 500 years ago. This has led to an everlasting process of renewal, reciprocal influences, and amalgamation in all artistic fields. Street Art in particular, with its attention for social and political circumstances, quickly adopts cross-references from other media and cultures in order to deliver its message with cutting edge. Street Art is definitely an important touchstone for a generation’s mindset.

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What are your current artistic activities and your future projects?

We are currently (as always) juggling a few artistic projects which I cannot disclose details of just quite yet, and at the same time (as always) carrying out a great deal of research and experimentation, on a more conceptual level as well as in a strictly technical sense. We are working on canvas, a support we have been seeing too little of over the past few years, clearly favoring large mural formats. We are having a great deal of fun playing around with mirrors and LED lights and are quire curious to see what will emerge from all this brainstorming and clutter.

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What do you think about your success and what are your dreams?

I guess we owe our success mainly to our passion and ceaseless interest for our work, which has led us to pursue high quality projects and allowed us to specialize quite a lot in our scope. Aside form this necessary condition, being an artistic collective means that our ideas have always been the overlapping of the single artists’ personality, inspiration, and technical approach: this opens quite a few doors and allows for a richer brainstorming and more complex ideas: the strength of our unity is also something which has helped a great deal. In general, finding inspiration and allowing it to guide our work is our main goal. Of course, our ultimate dream is that of leading our experimentation so far as to get to a result which there are no words to describe just quite yet!

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https://www.facebook.com/trulyurbanartists/

https://www.instagram.com/wearetruly/

www.wearetruly.it

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Des anamorphoses à grande échelle, avec une touche urbaine: l’incroyable Street Art de TRULY

Par Michel Fily, 19avril, 2019

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L’œuvre anamorphique de Truly découle progressivement de la première rencontre entre ses fondateurs, tous graffeurs italiens actifs depuis la fin des années 90. La pratique du Street Art dans les gares ferroviaires, les usines abandonnées et les banlieues leur a fourni nombre d’expérimentations constantes et les a amenés à un détachement progressif vers des formes plus pures que celles du graffiti et de l’art de la rue traditionnels. Le collectif se concentre aujourd’hui pleinement sur l’art anamorphique, figuratif et abstrait. En utilisant la perspective, cette pratique génère des images 3D surréalistes qui se confondent avec leur environnement.

Urban Street Art Urbain a récemment interviewé ce collectif incroyablement talentueux.

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Bonjour, pouvez-vous vous présenter et présenter votre studio?

Nous sommes le collectif « Truly Urban Artists ». Nous avons commencé à faire du Street Art ensemble, il y a une vingtaine d’années, en concentrant progressivement notre production artistique sur l’art anamorphique à grande échelle, avec une touche urbaine. En 2007, nous avons créé notre studio de communication visuelle – Truly Design Studio – spécialisé dans l’art mural sur mesure, l’art anamorphique, la stratégie de marque, la conception graphique personnalisée et l’illustration.

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Qu’est-ce qui a déclenché votre carrière artistique?

C’est bien le graffiti et le Street A rt qui ont suscité en nous une passion, déjà naissante et déjà existante pour le dessin et l’art. Travailler avec le public est une étape importante, qui vous oblige à recevoir des commentaires et à vous concentrer sur la perception et la compréhension de vos œuvres par d’autres personnes. La satisfaction de terminer une œuvre, ainsi que la notoriété et les réactions suscitées par notre art, nous ont immédiatement séduits.

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Parlez-nous de vos inspirations et influences?

Nos études et recherches nous ont permis de mieux comprendre un vaste panorama artistique allant de l’art ancien classique aux phénomènes contemporains tels que le graphisme et l’art urbain. Notre principal centre d’intérêt en tant que collectif artistique, l’art anamorphique, nous a ramenés à l’époque de la Renaissance, où nous trouvons bon nombre de nos références: Léonard de Vinci, Luca Pacioli et, plus loin, les maîtres contemporains Felice Varini et Georges Rousse.

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Quelles sont vos techniques et supports créatifs?

Nous partons toujours du crayon et du papier, et finalisons la plupart de nos dessins numériquement. En ce qui concerne la peinture, nous utilisons soit de la peinture acrylique murale, soit de la peinture au pistolet.


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Parlez-nous du Street Art dans votre pays…

Fruit d’une tradition artistique extrêmement riche, le Street Art en Italie, depuis ses premières apparitions, a toujours été très influencé par les nombreux courants qui ont traversé le territoire au cours des millénaires et que l’on peut encore voir clairement dans nos villes. Les références à l’art romain antique dans le Street Art sont aussi courantes que l’influence esthétique du graphisme: le Street Art et le graffiti ont explosé ici dans les années 1990, devenant un phénomène très important et attirant des jeunes de tous les horizons. Puis, les festivals et les projets de rénovation de quartiers ont transformé les villes, la reconnaissance de cette forme d’art par les institutions et le grand public a permis à nombre d’entre nous de faire de notre passion un grand métier. Avec beaucoup d’artistes qui choisissent encore de fonctionner dans l’anonymat total et dans l’illégalité, juxtaposés à ceux qui ont obtenu la notoriété et dont tout le monde connaît le nom et le visage, un renversement total de la modalité de perception de l’art urbain s’est opéré, principalement chez les jeunes.

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Comment êtes-vous reconnu comme artiste là-bas?

Nous sommes sur la scène du graffiti depuis vingt ans, beaucoup d’artistes nous considèrent comme des graffeurs «Old school». Pour le large public, nous sommes connus comme l’une des structures artistiques les plus expérimentées dans le domaine de l’art anamorphique.

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Parlez-nous de votre relation avec le public…

Depuis que nous avons commencé à peindre des murs légalement et à la lumière du jour (à partir du début des années 1990), le public et les retours que nous avons recueillis lorsque nous peignons dans la rue ont été et continuent d’être essentiels pour nous. Nous aimons savoir ce que les «gens ordinaires» pensent de notre art, et nous essayons de faire des efforts pour créer quelque chose de «lisible», pour tout le monde.

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Quel sentiments essayez-vous de transmettre à travers vos œuvres?

Stupéfaction, égarement, joie, créativité. Nous essayons de repousser les limites entre la réalité et l’espace, les limites de la perspective artificielle, en créant quelque chose qui existe grâce à des principes scientifiques et physiques qui se mêlent à nos sens et à notre façon de percevoir la réalité. Lorsque nous en arrivons au point où les gens doutent et s’interrogent sur leurs propres sensations, cela signifie que nous que nous avons vu juste.

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Est-il plus facile ou plus difficile d’être un graffeur que d’être un peintre?

S’il est possible pour un artiste de graffiti d’être peintre, il n’en est pas de même en sens inverse. Car le graffiti peut «adopter» l’esthétique de la peinture traditionnelle et transposer ses techniques à une plus grande échelle. Le contraire aurait beaucoup moins de sens, à la fois conceptuellement et techniquement. Mis à part cette réflexion, il est techniquement plus difficile d’utiliser de la peinture en aérosol que la grande majorité des autres techniques picturales, tout comme l’esquisse et la définition de détails sur ces très grands formats que sont les murs. Par conséquent, être un artiste graffeur est globalement un défi. Les peintres ne sont pas non plus obligés de peindre sous des températures extrêmes en hiver et en été, ni d’obtenir les autorisations et la reconnaissance de l’entourage «officiel» de l’œuvre, pour pouvoir vivre de leur art.

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Que pensez-vous de l’évolution du Street Art aujourd’hui?

La diffusion des connaissances et des images s’accélère à mesure que la communication s’accélère. Chaque jour, nous sommes bombardés de quantités d’images plus nombreuses que celles que nous aurions vues durant toute notre vie il y a à peine 500 ans. Cela conduit à un processus éternel de renouvellement et d’influences réciproques dans tous les domaines artistiques. Le Street Art, qui porte une attention particulière aux circonstances sociales et politiques qui entourent sa création, a adopté rapidement des références croisées issues d’autres médias et d’autres cultures pour de livrer ses messages. Il constitue certainement une pierre de touche importante, pour définir l’esprit de cette génération.

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Quelles sont vos activités artistiques actuelles et vos projets futurs?

Nous sommes actuellement (comme toujours) en train de jongler avec différents projets artistiques, dont je ne peux pas révéler les détails, mais en même temps (comme toujours, de même) en processus de nombreuses recherches et d’expérimentations, tant au niveau conceptuel qu’au sens strictement technique. Nous avons commencé aussi à travailler sur toile, un support que nous n’avons pas assez expérimenté au cours des dernières années. Mais nous continuons de favoriser clairement les grands formats muraux. Nous expérimentons enfin, avec beaucoup de plaisir, une nouvelles recherche avec des miroirs et des lumières LED et nous sommes curieux de voir ce qui va sortir de ce brainstorming créatif…

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Que pensez-vous de votre réussite et où en êtes-vous de vos rêves?

Notre succès, nous le devons principalement à notre passion et à notre intérêt constant pour notre création, qui nous a amenés à poursuivre des projets de grande qualité et nous a permis de nous spécialiser beaucoup dans notre domaine. En plus de cette condition nécessaire, être un collectif artistique signifie que nos idées ont toujours été le croisement de nos personnalités, de nos inspirations et des approches techniques de chacun d’entre nous: cela nous a ouvert de nombreuses possibilités, une réflexion plus riche et des idées plus complexes. La force et l’unité de notre collectif est un élément essentiel de notre succès. Trouver notre inspiration et la laisser guider notre travail est notre objectif principal. Et bien évidemment, notre rêve ultime est de mener cette expérimentation jusqu’à un résultat inédit, unique, novateur et indescriptible.

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« I like the idea that art takes the streets to spread freely »: Michael Relave, painter of the heart and joy

By Michel Fily, April 17, 2019

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Michael Relave was born in 1978 in Lyon. After studying at the Beaux Arts School, he implicated his art on a certain duality. Lightness and paradox are on the scale of his original works, which manage to surprise. Between the limits of the real and the absurd, he does not seek to respond to a conventional artistic demand or to adapt to the aesthetic canons of mediums, styles or social norms, but he simply responds to the expressive impetus that pushes him.

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Urban Street Art Urbain met the artist on the occasion of the opening of the exhibition « We are no Angels » he shared with the painter Emilie Teillaud, at the Anticafé, in Lyon, in partnership with the online gallery Pandorart.

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Hello, can you introduce yourself to the readers?

As stated before, my name is Michael Relave and I’m 40 years old. I have a perfect dentition and I imitate super well elephant’s voice. I am a visual artist, graphic designer and singer in a Punk Rock band. I am a fan of meditation and I like to cook wild plants. I am of correct size and I wear shoes size 45 (laugh).

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What triggered your artistic career?

First of all, my parents never blocked me nor what I wanted to do, they were always supporting me. Then there were encounters, moments of life, crossings, signs on my way that led me to what I create today. Good and bad meetings. But everything is meant to show you the way. I made my path, little by little, with the artistic desire that has always filled me.

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What are your inspirations and influences?

I am inspired by comics, by different gods and gpdesses (Hindu, prehistoric …), by books of all kinds, spiritual or biographical, by images (many images) and conversations. When I was at the Beaux Arts, I had the chance to meet Carmelo Zagari, who told me this sentence: « Do what you say ». That changed everything, because every word I said had to take shape to become a project. So I ended up in action, and I still am at the present moment. As to my favorite painters, I like Robert Combas, Matthew Barney, JR, Vhils and Blu‘s animations.

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What are your techniques and creative media?

I paint with Posca, sprays and acrylic, on walls, canvases or volumes. I do not ad black in my colors, it brings a lot of light.

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Tell us about your meeting with Pandorart.

I studied at the Beaux Art in Lyon with Rodolphe Bessey. We met again at different openings  and we got back in touch recently, to work together on new projects. I like their way of working, him and his brother Sébastien. They are complementary and they have the gift of bringing out with passion the best of each of us. We have simple, fair and professional relationships.

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Tell us about your relationship with the public.

I like to exhibit because I like this link with the public, I discover myself through the spectators. Generally, colors affect their eyes. I am often told about joy and qualified as a painter of the heart. It’s a real exchange, often with a spiritual connections.

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What would you like to convey to the public who meet your works?

Nothing more than what it brings today. The joy and depth of sharing.

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What do you think of the evolution of Street Art today?

Street Art is gaining more and more place on the international scene. I like the idea that art takes the streets to spread freely.

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What are your current artistic activities and your future projects?

Photography, sculpture, volumes and frescoes… I have a lot of projects with the elderly, in a local setting, I prepare photo workshops with them, after they make portraits of their great grandchildren, among others things… I will exhibit in May, at the Afforddable Art Fair in Hong Kong. Then in September, with Pandorart, for the Biennale Hors les Normes, at Galerie 39, in Lyon.

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https://www.michaelrelave.com/home

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« J’aime l’idée que l’art prenne la rue »: Michael Relave, peintre du cœur et de la joie

Par Michel Fily, 16 avril, 2019

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Michael Relave est né en 1978 à Lyon. Après des études à l’Ecole des Beaux Arts, il s’est attaché à travailler sur une certaine dualité. Légèreté et paradoxe sont au programme de ses œuvres originales qui parviennent à surprendre. Entre les limites du réel et de l’absurde, il ne cherche pas à répondre à une demande conventionnelle artistique ni à s’adapter aux canons esthétiques de tel ou tel medium, style ou norme sociale, mais répond simplement à l’élan expressif qui l’anime.

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Urban Street Art Urbain a rencontré l’artiste à l’occasion du vernissage de l’exposition « Nous ne sommes pas des Anges », qu’il partage avec Emilie Teillaud à l’Anticafé de Lyon,  en partenariat avec Pandorart.

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Bonjour, peux-tu te présenter aux lecteurs?

Comme énoncé je m’appelle Michael Relave et j’ai 40 ans, j’ai une dentition parfaite et j’imite hyper bien l’éléphant qui barrit. Je suis artiste plasticien, graphiste et chanteur dans un groupe de Punk Rock, je suis adepte de la méditation et j’aime cuisiner les plantes sauvages…

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Qu’est-ce qui a déclenché ta carrière artistique?

Tout d’abord mes parents n’ont jamais fais barrage a ce que je voulais faire, ils ont toujours été dans l’accompagnement. Puis Il y eu des rencontres, des instants de vies, des croisements, des signes qui font que je suis ici et que je suis sur  mon chemin. De bonnes et de mauvaises rencontres, tout est bon pour t’indiquer le chemin. Tout s’est fait petit à petit avec cette envie qui m’a toujours suivie.

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Quelles sont tes inspirations et influences?

Je suis inspiré par la bande dessinée, les divinités (hindoues, préhistoriques…), par les livres de toutes sortes, spirituels ou biographiques, les images (beaucoup d’images) et les conversations. Quand j’étais au Beaux Arts j’ai eu la chance de rencontrer Carmelo Zagari, qui m’a dit cette phrase : « Fait ce que tu dis ». Et cela à tout changé, car toute parole prend forme pour devenir projet. Du coup on se retrouve dans l’action, donc dans le moment présent. Dans mes peintres de prédilection, je suis attiré par Robert Combas, Matthew Barney,  JR,  Vhils et les animations de Blu.

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Quelles sont tes techniques et supports créatifs?

Je peins à l’acrylique au Posca et à la bombe, sur des murs, des toiles ou des volumes. Je ne mets pas de noir dans mes couleurs, cela apporte beaucoup de lumière.

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Parle-nous de ta rencontre avec Pandorart.

J’ai étudié aux Beaux Art de Lyon avec Rodolphe Bessey. Nous nous sommes recroisés lors de différents vernissages lyonnais et nous avons repris contact récemment pour travailler ensemble à de nouveaux projets. J’aime leur façon de travailler à lui et son frère Sébastien, ils sont complémentaires et ont ce don de faire émerger avec passion le meilleur de chacun d’entre nous. Nous avons des rapports simples, justes et professionnels.

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Parle-nous de ta relation avec le public.

J’aime exposer parce que j’aime ce lien avec le public, je me découvre à travers les spectateurs. Généralement, les couleurs ont une incidence sur leur regard. On me parle souvent de joie et de peinture du cœur. C’est un véritable échange, avec souvent un lien spirituel.

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Qu’aimerais-tu transmettre au public qui rencontre tes œuvres?

Rien de plus que ce que ça suscite actuellement, de la joie de l’échange et de la profondeur.

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Qu’est-ce que tu penses de l’évolution du Street-Art aujourd’hui ?

Les Street Art prend de plus en plus de place sur la scène internationale, j’aime l’idée que l’art prenne la rue pour se diffuser gratuitement.

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Quelles sont tes activités artistiques du moment et tes projets futurs?

La photo, la sculpture, les volumes et les fresques. J’ai beaucoup de projets avec les personnes âgées dans un cadre local, je prépare des ateliers photos avec elles, après leurs avoirs fait bomber les portraits de leurs arrières petits enfants, entre autres… J’exposerai en mai à l’Affordable Art Fair à Hong Kong, puis en septembre, avec Pandorart, lors de la Biennale Hors les Normes, à la Galerie 39 à Lyon.

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« When people looks at my work, I want them to observes it well »: SATER, the fight and the dream

By Michel Fily, April 8, 2019

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SATER, is a Spanish artist, who began his career with studies in digital graphics and 3D design. He has been practicing urban art since adolescence, at the same time as drawing and painting.

Urban Street Art Urbain met this Street Artist from Barcelona at Street Art City‘s “Millésime 2018” party. His artistic style oscillates between the graphic universe of mangas, cinema, tags and Pop-Art, both light and committed.

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Hello, can you introduce yourself to the readers?

My name is Sater, I’m 32 years old and I come from Barcelona. I always liked drawing and I really started graffiti in 2002, at the age of 15. I had never imagined making a living out of my art, until three years ago, when I decided to leave my job and to devote myself to painting. Today, I can say that yes, one can make a living with his art.

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What triggered your artistic career?

My father is a painter, I grew up surrounded by art and, since I was a child, I always liked to draw. When I went out into the street, I looked at all the painted walls. I believe that all children are painters. They paint and draw without being conditioned by fashions or influences. They deliver through their drawings the true essence of art. So, I think the appropriate question for anyone who is not an artist would be: « What led you to stop painting? « .

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What are your inspirations and influences?

I love to watch the works of other artists. I see them in the street, on walls, on social networks … But I won’t name a particular artist… I can say that my influences are graffiti and illustration. Regarding my inspirations, travelling feeds my imagination, constantly bringing new ideas.

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What are your techniques and creative media?

Since I started graffiti, I only use aerosols on walls. Beside the walls, I paint with oil, watercolor, charcoal… I also created clay sculptures. Today, I try to broaden my horizons and explore new techniques, taking advantage of the knowledge I have gained.

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Tell us about your meeting with Street Art City.

Street art city was an unforgettable experience. I don’t think there are many places like this one, but there should be more, everywhere in France and in the world. Street art city is a great opportunity for artists. Its artistic residency system is fantastic, the venue and facilities are great and the people especially are great. One day, I saw an advertising brochure for Street art City and I decided to send an email. They answered me and within four or five months, I was invited to work there.

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How was your experience in the hotel room 128?

My room, number 058, was a big challenge for me. During the first days, I couldn’t do anything more than to look at the walls of the room around me. They were falling on me. It cost me a lot in terms of introspection and I had a hard time letting the inspiration flow out of me. But from the moment I started, I did not stop painting. I was impatient to see the result, because every day that passed, I loved more and more what I created. I woke up in the morning, I had a short breakfast and I went straight to my room, some days until dinner time. I have never had a spiritual retreat, but I guess it would be something quite similar. Several days locked in a room, alone, to create. The room, my art and me. It was just perfect…

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Tell us about your relationship with the public.

At the time when I was painting in the street, hardly anyone came to talk to me. During the two days of the “Millésime” party, many people wanted to meet me and talk to me. I was very grateful for this audience and for the way they approached me. There was a lot of mutual respect and I remember that I really liked seeing the interest that people had in our art and in us as individuals.

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What would you like to convey to the public who meet your works?

It is true that, with his art, one is supposed to transmit a message to the people … But, I think that, each work being different and having been made at different times, each releases different energies. What is certain is that I always try to create a feeling in the viewer. I like that when someone looks at one of my works, he observes it well and feels questioned.

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Is it easier to be a Street Artist than to be a painter, according to you?

It’s a delicate subject. And it’s not a question of difficulty. Street art has lost its original meaning and we must remember from time to time what it is all about. The essence of graffiti is that it is practiced in illegality or at its limit. But what happens when a Street Art work enters a museum, when its price is imposed? It stops being Street Art, to become art, in the commercial sense of the term. It does not matter if the work is bombed or done with any other technique. When I paint with spray for a client, I would never say that I’m doing Street Art… I can see that in recent years, Street Art has become fashionable. And I think it’s something positive for us. I think it’s great that after so many years of rejection and mistrust, people open up a little and see the beauty of this great new form of art.

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Tell us about your current artistic activities and your future projects?

I’m actually working with acrylic paint and spray on canvases. I would like to prepare a nice serie of paintings for 2020. I combine this with spraying on walls and large surfaces. I also started doing lettering and posters … If I had more time, I would also do sculptures, it’s something that I’ve always loved…

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What do you think about your success and what are you dreams today?

When I started to make a living out of my art, I realized my dream. But ambition is coming back to me and today I want more, I want to leave a mark. I would dream of creating a unique style, which would become a source of inspiration for the future generations. In the meantime, I would like to paint large murals and to color the world…

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RANDOM HARD WORKS

Designs, murals & lettering

Barcelona, (Spain)

https://www.facebook.com/randomhardworks/

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« Quand quelqu’un regarde une de mes oeuvres, il faut qu’il l’observe bien » : SATER, entre rêves et combats

Par Michel Fily, 8 avril, 2019

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SATER, est un artiste espagnol, qui a commence son parcours par des études de graphisme numérique et de design 3D. Il pratique l’art urbain depuis l’adolescence, en même temps que le dessin et la peinture . 

Lors de la fête du millésime 2018 de Street Art City, Urban Street Art Urbain a rencontré ce graffeur barcelonais, dont le style artistique oscille entre l’univers très graphique des mangas, le cinéma, le tag et le Pop-Art, à la fois léger et engagé.

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Bonjour, peux-tu te présenter aux lecteurs?

Je m’appelle SATER, j’ai 32 ans et je viens de Barcelone. J’ai toujours aimé dessiner et j’ai réellement commencé à graffer en 2002, à l’âge de 15 ans. Je n’avais jamais imaginé vivre de mon art, jusqu’à il y a trois ans, lorsque j’ai décidé de quitter mon emploi pour ne me consacrer qu’à la peinture. Aujourd’hui, je peux dire que oui,  on peut vivre de son art.

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Qu’est-ce qui a déclenché ta carrière artistique?

Mon père est peintre, j’ai grandi dans un univers artistique et depuis que je suis enfant, j’ai toujours aimé dessiner. Quand je sortais dans la rue, je regardais tous les murs peints. Je crois que tous les enfants sont des peintres en herbe. Ils peignent et dessinent sans être conditionnés par des modes ou des influences. Ils délivrent à travers leurs dessins la véritable essence de l’art. Donc, je pense que la question appropriée pour quiconque n’est pas un artiste serait : « Qu’est-ce qui t’a amené à arrêter de peindre ? ».

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Quelles sont tes inspirations et influences?

J’adore regarder les œuvres d’autres artistes. Je les vois dans la rue, sur les murs, sur les réseaux sociaux… Mais je ne saurais pas nommer un artiste en particulier. Je pourrais dire que mes influences sont le graffiti et l’illustration, et pour ce qui est de mes inspirations, ce sont les voyages qui nourrissent mon imagination, m’apportant sans cesse de nouvelles idées.

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Quelles sont tes techniques et supports créatifs?

Depuis que j’ai commencé le graffiti, je n’utilise que des aérosols sur murs. En dehors des murs, je peins à l’huile, à l’aquarelle, au fusain… J’ai aussi créé des sculptures en argile. Aujourd’hui, j’essaie d’élargir mon horizon et d’explorer de nouvelles techniques, en tirant parti des connaissances que j’ai acquises dans mon parcours.

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Parle-nous de ta rencontre avec Street Art City.

Street Art city a représenté une expérience inoubliable. Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup d’endroits comme celui-là, mais il devrait y en avoir plus, partout en France et dans le monde. C’est une grande opportunité pour les artistes. Leur système de résidence artistique est fantastique, le lieu et les installations sont formidables et les gens surtout sont formidables. Un jour, j’ai vu une brochure publicitaire pour Street art City et j’ai décidé d’envoyer un courrier électronique. Ils m’ont répondu et en l’espace de quatre ou cinq mois, j’étais en immersion.

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Comment s’est passée ton expérience dans la chambre de l’hôtel 128?

Ma chambre, qui porte le numéro 058, a représenté un grand défi pour moi. Le premier jour, je n’ai rien fait de plus que regarder les murs. Ils me tombaient dessus. Cela m’a coûté en introspection et j’ai eu du mal à laisser l’inspiration couler hors de moi. Mais à partir du moment ou j’ai commencé, je ne m’arrêtais plus de peindre. J’étais impatient de voir le résultat, car chaque jour qui passait, j’aimais de plus en plus ce que je créais. Je me réveillais le matin, je prenais mon petit déjeuner et j’allais directement dans la chambre, certains jours jusqu’à l’heure du dîner. Je n’ai jamais fait de retraite spirituelle, mais j’imagine que c’est quelque chose de tout à fait similaire. Plusieurs jours enfermés dans une pièce, seul, à créer. La chambre, mon art et moi. C’était parfait.

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Parle-nous de ta relation avec le public.

A l’époque où je peignais dans la rue, presque personne ne venait me parler. Durant les deux jours de la fête du Millésime, beaucoup de gens ont voulu me rencontrer et parler avec moi. Je suis très reconnaissant à ce public pour la façon dont il m’a abordé. Il y avait beaucoup de respect mutuel et je me souviens que j’ai vraiment aimé voir l’intérêt que les gens portaient à notre art, et à nous en tant que personnes aussi.

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Qu’aimerais-tu transmettre au public qui rencontre tes œuvres?

C’est vrai qu’avec l’art, on est censé transmettre un message aux gens… Mais, je pense que, chaque oeuvre étant différente et ayant été faite à des moments différents, chacune dégage des énergies différentes. Ce qui est certain, c’est que j’essaie toujours de créer un sentiment chez le spectateur. J’aime que quand quelqu’un regarde l’une de mes oeuvres, il l’observe bien et qu’elle lui pose question.

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Est-il plus facile ou plus difficile d’être un Street Artiste que d’être un peintre, selon toi?

C’est un sujet délicat. Et ce n’est pas une question de difficulté. Le Street Art a perdu de son sens originel et nous devons nous rappeler de temps en temps de quoi il est question. L’essence du graffiti, c’est qu’il se pratique dans l’illégalité ou à sa limite. Mais que se passe-t-il une fois qu’une œuvre de Street Art entre dans un musée, que son prix est imposé ? Ça cesse d’être du graffiti pour devenir de l’art au sens marchand du terme. Peut importe que l’œuvre  soit faite à la bombe ou toute autre technique. Quand je peins à la bombe pour un client, je ne dirais jamais que je fais du Street Art. Mais je constate que ces dernières années, le Street Art est devenu à la mode. Et finalement, c’est quelque chose de positif pour nous. Je trouve ça génial qu’après tant d’années de rejet et de méfiance, les gens s’ouvrent un peu et voient la beauté de ce grand art.

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Quelles sont tes activités artistiques du moment et tes projets futurs?

Je suis en train d’affiner mon travail à la peinture acrylique et au spray sur toile. Je voudrais préparer une belle série d’oeuvres pour 2020. Je combine cette avec de la bombe sur des grandes surfaces. J’ai également commencé à faire du lettrage et des affiches… Si j’avais plus de temps, je ferais aussi de la sculpture, c’est quelque chose que j’ai toujours beaucoup aimé. Pour mes projets futurs, je souhaite déjà préparer cette belle collection de toiles, et je m’y tiens…

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Que penses-tu de ton succès et où en es-tu de tes rêves?

En commençant à vivre de mon art, j’ai déjà réalisé mon rêve. Mais les ambitions me reviennent et aujourd’hui, je veux plus, je veux laisser une trace. Je rêverais de créer un art unique, qui deviendrait une base d’inspiration pour les générations futures. Je voudrais peindre de grandes peintures murales et colorier le monde…

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”RANDOM HARD WORKS”

Designs, murals & lettering, Barcelona, (Spain)

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